CSRD : définition, entreprises concernées et calendrier post-Omnibus 2026

Décembre 2025 a tout changé. Avec l'entrée en vigueur de la directive Omnibus le 18 mars 2026, la CSRD que vous aviez peut-être commencé à préparer n'est plus tout à fait la même : seuils relevés, calendrier décalé de deux ans, périmètre divisé par dix.

Mais ne vous y trompez pas : si votre entreprise sort officiellement du périmètre obligatoire, vos grands clients soumis à la CSRD continuent, eux, de vous demander des données ESG fiables pour boucler leur propre reporting. La pression réglementaire s'allège ; la pression commerciale, elle, s'intensifie.

Quelles sont les implications concrètes de la CSRD en 2026 ? Qui est encore concerné, à quelle échéance, et comment s'y préparer sans gaspiller des ressources ? On fait le point.

Information importante

En bref

  • La CSRD est la directive européenne de reporting de durabilité ; depuis la directive Omnibus (déc. 2025), seuils relevés et périmètre réduit d'environ 80 %.
  • Sont concernées les entreprises de plus de 1 000 salariés et 450 M€ de chiffre d'affaires — environ 10 000 dans l'UE.
  • Le rapport suit les normes ESRS et repose sur la double matérialité.
  • Calendrier décalé : vague 2 en 2028 (exercice 2027) ; vague 3 (PME cotées) supprimée.
  • Même hors périmètre obligatoire, la pression CSRD indirecte (clients, banques, investisseurs) reste forte.

Qu'est-ce que la CSRD ?

CSRD : Corporate Sustainability Reporting Directive, une initiative de la Commission européenne

La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) fixe les normes et obligations de reporting de durabilité pour les grandes entreprises européennes. Adoptée en décembre 2022 puis substantiellement revue par la directive Omnibus de décembre 2025, elle vise à améliorer la transparence des entreprises sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), et à rendre ces informations comparables entre acteurs.

Concrètement, les entreprises concernées publient chaque année un rapport de durabilité intégré à leur rapport de gestion, structuré selon les normes ESRS et vérifié par un organisme tiers indépendant (OTI).

Information importante

Vous pouvez consulter le texte initial de la CSRD ici. Les modifications apportées par la directive Omnibus (entrée en vigueur le 18 mars 2026) sont à lire en complément pour avoir une vision à jour.

Ce que la directive Omnibus a changé en décembre 2025

La directive Omnibus, (accord politique en décembre 2025, entrée en vigueur le 18 mars 2026) n'a pas supprimé la CSRD : elle l'a recentrée sur les plus grandes entreprises, dans une logique de simplification.

De 42 500 à environ 10 000 entreprises concernées

Le champ d'application initial de la CSRD couvrait environ 42 500 entreprises dans l'UE. Après Omnibus, ce périmètre est ramené à environ 10 000 entités, soit une réduction d'environ 80 %.

Qui est concerné par la CSRD : la directive Omnibus ramène le périmètre d'environ 42 500 à environ 10 000 entreprises dans l'UE, avec un nouveau seuil de plus de 1 000 salariés et 450 M€ de CA ; les PME cotées sont exclues du périmètre obligatoire.

Nouveaux seuils d'application

Les seuils initiaux (250 salariés / 50 M€ de CA / 25 M€ de bilan) ont été remplacés par un double critère plus restrictif :

  • 1 000 salariés ET
  • 450 M€ de chiffre d'affaires net
Catégorie d'entrepriseSeuilsStatut CSRD post-Omnibus
Grande entreprise / groupe (ex-NFRD)Entité d'intérêt public > 500 salariésConcernée — vague 1, depuis l'exercice 2024
Grande entreprise> 1 000 salariés ET > 450 M€ de CA netConcernée — vague 2, exercice 2027
PME cotéeSous les seuilsExclue du périmètre obligatoire (VSME volontaire)
PME / ETI non cotée< 1 000 salariés ou < 450 M€Hors périmètre — mais sollicitée via le Scope 3 des clients

Conséquence directe : la plupart des PME et ETI sortent du périmètre obligatoire. Les PME cotées sont définitivement exclues du champ légal de la CSRD. Un standard volontaire, le VSME, leur est proposé.

Calendrier révisé

  • Vague 1 (grandes entreprises déjà soumises à la NFRD) : inchangée — premier rapport publié en 2025 sur l'exercice 2024.
  • Vague 2 (grandes entreprises non cotées dépassant les nouveaux seuils) : reportée à 2028 (au lieu de 2026).
  • Vague 3 : reportée à l'exercice 2028 (reporting 2029) pour les entreprises restantes atteignant les seuils. Les PME cotées, qui relevaient de cette échéance, sont désormais sorties du périmètre obligatoire (standard volontaire VSME).
VagueQuiExercice1er reporting
Vague 1Grandes entreprises ex-NFRD (EIP > 500 sal.)20242025
Vague 2Grandes entreprises > 1 000 sal. ET > 450 M€20272028
Vague 3Entreprises restantes atteignant les seuils20282029
PME cotéesExclues du périmètre obligatoireVSME volontaire

Allègement du contenu à reporter

La révision en cours des ESRS — projet d'acte délégué attendu pour septembre 2026, applicable à l'exercice 2027 — vise une réduction d'environ 70 % du nombre total de points de données (de 1 073 à environ 320). Les principes structurants — double matérialité, audit OTI, reporting chaîne de valeur — sont en revanche maintenus.

Pour savoir quelles obligations post-Omnibus s’appliquent à votre entreprise, utilisez notre checker réglementaire gratuit.

Quelles différences avec la NFRD ?

La Non Financial Reporting Directive (NFRD), adoptée en 2014 et appliquée à partir de 2018, était l'ancêtre de la CSRD. Elle imposait un reporting de durabilité aux entités d'intérêt public de plus de 500 salariés (grandes entreprises cotées, banques, assureurs) — soit environ 11 700 entreprises dans l'UE.

La CSRD prolonge la NFRD mais l'élargit substantiellement sur quatre axes :

  • Contenu : un cadre beaucoup plus précis via les normes ESRS, couvrant l'environnement, le social et la gouvernance.
  • Format : reporting intégré au rapport de gestion, en format numérique structuré (balisage XBRL).
  • Qualité : vérification obligatoire par un organisme tiers indépendant (assurance limitée).
  • Périmètre : élargissement substantiel par rapport à la NFRD, même après le recentrage opéré par Omnibus.

Quelles informations doivent être incluses dans le rapport ?

Le rapport de durabilité CSRD s'appuie sur une analyse de double matérialité : l'entreprise doit identifier à la fois (1) ses impacts sur l'environnement et la société, et (2) la manière dont les enjeux ESG affectent sa performance financière.

Le contenu est structuré par les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards), définies par le règlement délégué UE 2023/2772. Au total, 12 normes ESRS encadrent le reporting, réparties comme suit :

  • 2 normes transversales : ESRS 1 (principes généraux) et ESRS 2 (informations générales).
  • 5 normes environnementales : ESRS E1 (changement climatique), E2 (pollution), E3 (eau et ressources marines), E4 (biodiversité), E5 (économie circulaire).
  • 4 normes sociales : ESRS S1 (effectifs propres), S2 (travailleurs dans la chaîne de valeur), S3 (communautés affectées), S4 (consommateurs et utilisateurs finaux).
  • 1 norme gouvernance : ESRS G1 (conduite des affaires).

Architecture des 12 normes ESRS du reporting CSRD : 2 normes transversales (ESRS 1 et 2), 5 environnementales (E1 climat, E2 pollution, E3 eau, E4 biodiversité, E5 économie circulaire), 4 sociales (S1 à S4) et 1 de gouvernance (G1).

Pour chaque thème jugé matériel, l'entreprise doit décrire sa stratégie, sa gouvernance du sujet, ses politiques et plans d'action, les risques et opportunités identifiés, et publier des indicateurs chiffrés avec objectifs associés.

Information importante

Pour aller plus loin sur ce sujet clé, consultez notre article dédié à l'analyse de double matérialité, étape de cadrage incontournable de toute démarche CSRD.

Et si vous n'êtes plus concerné directement : la pression Scope 3 reste

Beaucoup de PME et ETI françaises ont accueilli Omnibus comme un soulagement réglementaire. À raison : la charge administrative directe disparaît pour la majorité.

Mais les environ 10 000 entreprises qui restent soumises à la CSRD doivent toujours reporter sur leur chaîne de valeur, y compris leur Scope 3 (émissions indirectes liées aux fournisseurs et clients). En clair : vos grands donneurs d'ordre vont continuer — et même intensifier — leurs demandes de données carbone et ESG fiables.

Anticiper cette pression, c'est :

  • Réaliser un bilan carbone robuste sur les Scopes 1, 2 et 3.
  • Structurer une démarche RSE alignée sur les standards ESG des grands groupes.
  • Préparer des données auditables pour répondre aux questionnaires fournisseurs.

Comment se préparer à la CSRD (ou à la pression CSRD indirecte) ?

Deux étapes structurent la préparation : réaliser une analyse d'écart pour mesurer la distance aux exigences, puis cadrer les critères ESG à reporter.

  1. Clarifiez votre exposition : êtes-vous dans le périmètre obligatoire post-Omnibus, ou exposé via vos clients ?
  2. Lancez votre analyse de double matérialité : c'est le point de départ de tout reporting cohérent.
  3. Mesurez avant de reporter : un bilan carbone à jour est la fondation de la norme ESRS E1 (climat).
  4. Structurez la collecte de données : centralisez les indicateurs ESG dans un outil unique pour éviter le casse-tête annuel.
  5. Préparez l'audit OTI : documentez vos méthodes et conservez les pièces justificatives dès la première année.

4 points à retenir sur la CSRD en 2026

  1. Le périmètre légal s'est réduit de 80 % après Omnibus : environ 10 000 entreprises concernées dans l'UE, contre 42 500 initialement.
  2. Les nouveaux seuils sont 1 000 salariés ET 450 M€ de CA net. Les PME cotées sont sorties du périmètre obligatoire.
  3. Le calendrier est décalé de deux ans pour les vagues 2 et 3, mais la vague 1 reste inchangée.
  4. La pression Scope 3 reste forte : si vous fournissez un grand groupe soumis à la CSRD, vos données ESG seront demandées.

Prêt à transformer cette obligation (ou cette pression) en avantage ?

Que vous soyez directement soumis à la CSRD ou exposé via vos clients, Orki propose trois niveaux d'accompagnement :

  • Accompagnement de A à Z : un expert climat dédié pilote avec vous votre analyse de double matérialité, votre bilan carbone et votre reporting.
  • Outil SaaS en autonomie : pour structurer la collecte de données ESG et automatiser votre reporting CSRD.
  • Formation : pour monter en compétence vos équipes internes (RSE, finance, QSE) sur la CSRD et les ESRS.

Sources

  • Commission européenne — Paquet Omnibus de simplification (1ᵉʳ avril 2025). https://finance.ec.europa.eu/news/omnibus-package-2025-04-01_en — Consulté en juin 2026.
  • EFRAG — Normes européennes de reporting de durabilité (ESRS). https://www.efrag.org/ — Consulté en juin 2026.
  • Portail RSE (gouvernement français) — Seuils CSRD et directive Omnibus. https://portail-rse.beta.gouv.fr/csrd/seuils-csrd-omnibus-criteres-d-application/ — Consulté en juin 2026.

Questions fréquentes

Approfondissez le sujet de l'article

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Quelles entreprises sont encore concernées par la CSRD en 2026 ?
Plus
Après la directive Omnibus de décembre 2025, la CSRD s'applique aux entreprises dépassant simultanément 1 000 salariés ET 450 M€ de chiffre d'affaires net. Environ 10 000 entités dans l'UE restent concernées, contre 42 500 dans le périmètre initial. Les PME cotées sont définitivement sorties du champ obligatoire.
Quand une grande entreprise doit-elle publier son premier rapport CSRD ?
Moins
Le calendrier dépend de la vague. Les entreprises déjà soumises à la NFRD (vague 1) publient leur premier rapport en 2025, sur l'exercice 2024. Les grandes entreprises non cotées franchissant les nouveaux seuils (vague 2) devront reporter à partir de 2028. Ce calendrier résulte du report de deux ans opéré par la directive Omnibus de décembre 2025.
Qu'est-ce que la double matérialité dans le cadre de la CSRD ?
Plus
La double matérialité oblige l'entreprise à analyser deux dimensions : d'une part ses impacts sur l'environnement et la société, d'autre part la façon dont les enjeux ESG affectent sa propre performance financière. Ce principe est maintenu dans la CSRD post-Omnibus, même si le nombre de datapoints ESRS obligatoires a été réduit d'environ 70 %.
Une PME hors périmètre CSRD peut-elle recevoir des demandes de données ESG ?
Plus
Oui. Les quelque 10 000 entreprises soumises à la CSRD doivent reporter sur leur chaîne de valeur, y compris leurs fournisseurs (Scope 3). Une PME exemptée d'obligation légale reste exposée aux demandes de données carbone et ESG de ses grands clients soumis à la directive. La contrainte réglementaire directe disparaît ; la pression commerciale, elle, s'intensifie.
Combien de normes ESRS encadrent le rapport de durabilité CSRD ?
Plus
Le rapport de durabilité s'appuie sur 12 normes ESRS, définies par le règlement délégué UE 2023/2772 : 2 normes transversales (ESRS 1 et ESRS 2) et 10 normes thématiques couvrant l'environnement (E1 à E5), le social (S1 à S4) et la gouvernance (G1). La directive Omnibus a réduit d'environ 70 % les datapoints obligatoires, sans supprimer ces normes.
Qu'est-ce que la CSRD ?
Plus
La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) est la directive européenne qui encadre le reporting de durabilité des entreprises. Elle impose de publier, selon les normes ESRS, des informations sur les impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance, vérifiées par un tiers. Elle remplace l'ancienne NFRD avec des exigences nettement renforcées.
Quels sont les seuils de la CSRD après l'Omnibus ?
Plus
Depuis la directive Omnibus, une entreprise est concernée si elle dépasse cumulativement deux seuils : plus de 1 000 salariés ET plus de 450 M€ de chiffre d'affaires net. Le critère de bilan a disparu. Le périmètre est ainsi passé d'environ 42 500 à environ 10 000 entreprises à l'échelle de l'UE.
Qu'a changé la directive Omnibus pour la CSRD ?
Plus
L'Omnibus (accord politique de décembre 2025) a relevé les seuils, réduit le périmètre d'environ 80 %, décalé de deux ans le calendrier des vagues suivantes et supprimé l'extension aux PME cotées. La directive reste en vigueur pour les grandes entreprises déjà soumises ; elle est simplifiée, pas abrogée.
Quelle différence entre la CSRD et la NFRD ?
Plus
La NFRD (2014) concernait environ 11 700 grandes entreprises avec un format souple. La CSRD élargit puis recentre le périmètre, impose des normes standardisées (ESRS), la double matérialité, un audit obligatoire et des données comparables. C'est un saut majeur d'exigence et de structuration.
Le rapport CSRD doit-il être audité ?
Plus
Oui. Le rapport de durabilité CSRD doit être vérifié par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant accrédité. L'exigence démarre en assurance limitée, avec un passage à terme vers une assurance raisonnable — un niveau de contrôle proche de celui des comptes financiers.
Que risque une entreprise qui ne publie pas son rapport CSRD ?
Plus
Le défaut de publication expose à des sanctions prévues par la transposition nationale (en France, via le Code de commerce), et surtout à un risque commercial et réputationnel : clients, banques et investisseurs exigent de plus en plus ces données. L'absence de reporting devient un désavantage concurrentiel.
Qu'est-ce qu'une analyse d'écart dans le cadre de la CSRD ?
Plus
C'est l'étape de cadrage qui mesure la distance entre vos pratiques actuelles et les exigences des normes ESRS. Réalisée en amont, elle identifie les manques et construit la feuille de route de mise en conformité. Voir notre guide dédié à l'analyse d'écart.

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