Un grand client vous demande votre trajectoire SBTi validée. Vos investisseurs commencent à conditionner leurs lignes de crédit à un objectif 1,5°C aligné science. Et pendant ce temps, la loi française durcit ses sanctions sur le BEGES.
L'initiative Science Based Targets (SBTi) est devenue le standard mondial pour fixer des objectifs de réduction des émissions qui tiennent la route — face aux clients, aux banques et aux régulateurs. Plus de 10 000 entreprises ont déjà fait valider leurs cibles.
Ce guide vous explique ce qu'est concrètement le SBTi en 2026, pourquoi vous y engager, et comment construire une stratégie validée sans vous tromper de méthode.
Comprendre le Science Based Targets initiative (SBTi)
Viser la neutralité carbone à long terme
L'Accord de Paris de 2015 fixe un cap clair : maintenir le réchauffement bien en dessous de 2°C et poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5°C. Les deux seuils coexistent dans le texte — le 1,5°C n'est pas une ambition secondaire, c'est l'objectif vers lequel la science nous oriente.
Le GIEC le rappelle dans chacun de ses rapports : les émissions humaines de gaz à effet de serre — combustion d'énergies fossiles, déforestation, agriculture intensive — sont la cause directe du dérèglement en cours. Sans inflexion radicale, les seuils de Paris seront dépassés.
Le rôle clef des entreprises
La SBTi accompagne les entreprises pour traduire ces objectifs scientifiques en trajectoires de réduction concrètes. Plutôt que des promesses floues de neutralité, l'initiative impose un cadre chiffré, daté, auditable.
L'importance de la vulgarisation des concepts scientifiques
Les experts de la SBTi opèrent une traduction essentielle : transformer les budgets carbone du GIEC en objectifs d'entreprise actionnables. Ils mettent à disposition des décideurs des méthodes (Absolute Contraction Approach, Sectoral Decarbonization Approach…) et des outils de communication pour engager toute la chaîne de valeur.

La campagne Business Ambition for 1.5°C, lancée en 2019, a été un accélérateur majeur. Elle s'est officiellement clôturée en 2021 et son rapport final a été publié en mars 2024. Aujourd'hui, l'engagement passe directement par les standards SBTi en vigueur, sans label intermédiaire.
Le Science Based Targets initiative comme référentiel
La SBTi a été fondée en 2015 par quatre organisations : le Carbon Disclosure Project (CDP), le Global Compact des Nations Unies, le World Resources Institute (WRI) et le WWF, avec l'appui de la We Mean Business Coalition. Elle est aujourd'hui une entité indépendante enregistrée comme organisation caritative, distincte de ses fondateurs.

Son objectif : aligner les stratégies carbone des entreprises sur les données scientifiques les plus récentes (rapports du GIEC, scénarios IEA), et mettre à jour régulièrement ses méthodes — comme l'évolution de l'Absolute Contraction Approach prévue en 2026.
Les entreprises qui rejoignent la SBTi s'engagent à fixer des objectifs de réduction validés par un comité scientifique indépendant.

Le périmètre obligatoire couvre les scopes 1 et 2 du GHG Protocol. Le scope 3 doit être intégré dès qu'il représente plus de 40 % des émissions totales, et la cible doit alors couvrir au moins 67 % du scope 3. Pour la plupart des PME et ETI industrielles, le scope 3 (achats, logistique, usage produits) est donc incontournable.
La norme Net Zero

Publié en octobre 2021, le Corporate Net-Zero Standard est le premier cadre mondial de fixation d'objectifs net zéro fondés sur la science. Il impose une réduction de 90 à 95 % des émissions à l'horizon 2050 (ou 2040 pour certains secteurs), seuls les 5 à 10 % résiduels pouvant être neutralisés.

Attention à une idée reçue : la norme SBTi exclut les crédits carbone comme levier pour atteindre les cibles de réduction. Seules les émissions résiduelles irréductibles (≤ 10 %) peuvent être neutralisées via du carbon removal permanent. C'est précisément ce qui distingue la SBTi des démarches volontaires plus laxistes. Une version V2 du standard est en consultation publique sur les périodes 2025-2026 et pourrait faire évoluer ces règles, notamment sur le scope 3.
Pourquoi adopter le référentiel SBTi ?
Lutter contre le réchauffement climatique
Le Corporate Net-Zero Standard donne aux dirigeants un cadre concret pour fixer des objectifs court, moyen et long terme alignés sur la science. Plus de promesses creuses : chaque cible est validée, datée et publiée.
Renforcer son image de marque
Clients, collaborateurs, fournisseurs, actionnaires : la pression vient désormais de partout. Une cible SBTi validée, c'est un argument différenciant dans les appels d'offres et un signal fort sur le marché du recrutement. À l'inverse, une absence de stratégie carbone devient un signal de risque.
Se conformer à la législation et anticiper les évolutions
En France, les entreprises de plus de 500 salariés doivent réaliser un BEGES tous les 4 ans, et le décret de 2022 a élargi cette obligation au scope 3.

La loi Industrie Verte d'octobre 2023 a considérablement durci les sanctions : l'amende pour non-publication du BEGES est passée de 10 000 € à 50 000 €, et atteint 100 000 € en cas de récidive. Le défaut de bilan n'est plus un risque symbolique. À cela s'ajoute la directive CSRD, qui impose à un nombre croissant d'entreprises un reporting de durabilité dont les objectifs SBTi constituent un excellent ancrage.
Gagner en compétitivité
Investir dans la décarbonation est un choix économique. Réduire sa dépendance aux énergies fossiles, c'est se prémunir contre la volatilité des prix et anticiper la taxonomie verte européenne, qui flèche les financements vers les activités alignées science.
Les entreprises engagées avec la SBTi sont mieux notées par les investisseurs ESG, mieux référencées par les grands donneurs d'ordres qui cherchent à décarboner leur scope 3, et plus attractives pour les talents.
Comment mettre en place une stratégie SBT ?
S'engager auprès de la SBTi
Première étape : signer une lettre d'engagement. Cette formalité officialise l'intention de fixer des objectifs validés dans un délai défini.

Il existe deux parcours : un parcours simplifié pour les PME (moins de 500 salariés), avec des objectifs préapprouvés à choisir, et le parcours standard pour les entreprises de taille plus importante, avec validation au cas par cas.
Définir des objectifs de réduction conformes
Une fois engagée, l'entreprise dispose de 24 mois pour soumettre ses objectifs. La méthode est la suivante :
- ✅ Réaliser un bilan GES complet sur scopes 1, 2 et 3 (si >40 % des émissions totales).
- ✅ Identifier les principaux leviers de réduction par poste d'émission.
- ✅ Calibrer la trajectoire sur le budget carbone restant compatible avec 1,5°C.
- ✅ Construire un plan d'action chiffré, daté, avec un porteur par chantier.

Cette phase demande du temps et une vraie compétence carbone en interne. Pour les équipes qui veulent gagner en efficacité, une plateforme comme Orki permet d'automatiser une bonne partie de la collecte des données et de modéliser la trajectoire en quelques semaines.
Faire valider les objectifs auprès de la SBTi
Les objectifs sont soumis via le Target Submission Form (parcours standard) ou via la procédure simplifiée PME. Après validation par le comité scientifique, l'entreprise est référencée publiquement sur le site de la SBTi.
Pour conserver son label, elle doit publier annuellement ses émissions et son avancement. C'est plus exigeant que la fréquence quadriennale du BEGES français — c'est aussi ce qui fait la valeur du label face aux investisseurs.

La validation est payante : les frais varient selon la taille de l'entreprise (à partir de 4 950 $ HT pour deux évaluations d'objectifs, parcours standard). Les tarifs PME sont nettement plus accessibles. Le détail est disponible sur sciencebasedtargets.org.
Exemples d'entreprises ayant adopté le référentiel SBTi
Plus de 10 000 entreprises à travers le monde ont aujourd'hui des objectifs validés ou en cours de validation. Quelques exemples emblématiques :
- Danone : objectif net zéro à 2050, l'une des premières entreprises agroalimentaires à avoir vu ses cibles validées par la SBTi.
- Accor : trajectoire validée 1,5°C, avec une intégration forte du scope 3 (chaîne d'approvisionnement et franchises).
- L'Oréal : engagement de réduction massive des émissions à 2030 et neutralité visée à 2050.
- Walmart : programme Project Gigaton couvrant la chaîne de valeur, validé SBTi.
- Schneider Electric : trajectoire net zéro validée, souvent citée comme cas d'école sur l'intégration de la décarbonation dans le modèle économique.
Ces exemples montrent que la SBTi n'est plus réservée aux grandes multinationales — les PME et ETI structurent désormais aussi leurs trajectoires sur ce référentiel.
Conclusion : 4 points à retenir
- La SBTi est devenue le standard mondial pour les objectifs carbone : 10 000+ entreprises validées, exigée de plus en plus par les donneurs d'ordres et les financeurs.
- Pas de crédits carbone pour atteindre les cibles. Seules les émissions résiduelles (≤10 %) peuvent être neutralisées par du removal.
- La pression réglementaire monte. Loi Industrie Verte, CSRD, taxonomie verte : la non-action coûte désormais de plus en plus cher.
- Le scope 3 est incontournable dès qu'il dépasse 40 % de vos émissions — et la cible doit en couvrir au moins 67 %.
Prêt à structurer votre trajectoire SBTi ?
Construire une cible validée demande méthode, données fiables et accompagnement scientifique. Orki propose trois leviers pour avancer :
- Accompagnement de A à Z : un expert climat dédié pour cadrer votre engagement, mesurer vos émissions et bâtir votre plan d'action.
- Outil SaaS en autonomie : pour piloter votre bilan, modéliser des scénarios et suivre vos KPIs SBTi.
- Formation : pour internaliser la compétence et devenir 100 % autonome.

-24045106537078276.webp)



 (1)-46411554404274.webp)