SBTi Net Zero Standard : le cadre du net-zéro et sa révision V2

Le « net-zéro » est partout — mais derrière le mot, un cadre précis existe : le Corporate Net-Zero Standard de la SBTi.

C'est ce référentiel qui définit ce qu'est un net-zéro crédible : pas une promesse compensée à coups de crédits carbone, mais une décarbonation profonde et vérifiée. Sa version actuelle est la V1.3, et une révision majeure — la version 2 — est en cours de consultation.

Cet article décrit ce que le Net Zero Standard exige, l'état de la révision V2 et son calendrier. Pour la définition et le fonctionnement d'ensemble de la SBTi, voir notre guide SBTi : définition, fonctionnement et démarche.

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En bref

  • Le Corporate Net-Zero Standard est le cadre de référence de la SBTi pour les objectifs net-zéro de long terme.
  • Un net-zéro crédible suppose de réduire d'environ 90 % ses émissions d'ici 2050, puis de neutraliser le résiduel — la compensation n'intervient qu'à la fin.
  • La version active est la V1.3 ; c'est elle qui sert à fixer ses objectifs aujourd'hui.
  • La V2 n'est pas encore en vigueur : 2ᵉ consultation close le 12 décembre 2025, publication attendue en 2026, application obligatoire attendue vers 2028.
  • La validation des objectifs, elle, fait l'objet d'une démarche dédiée.

Qu'est-ce que le Corporate Net-Zero Standard de la SBTi ?

Le Corporate Net-Zero Standard est le document de référence par lequel la SBTi définit ce que doit contenir un objectif net-zéro d'entreprise pour être qualifié de « fondé sur la science ». Là où le terme « net-zéro » est employé de façon très variable — parfois pour désigner une simple compensation —, ce standard fixe des exigences précises et vérifiables.

Son principe directeur : le net-zéro est avant tout une affaire de réduction. Une entreprise ne peut pas « acheter » son net-zéro ; elle doit d'abord décarboner son activité en profondeur, et ne neutraliser que ce qui reste réellement incompressible.

Publié pour la première fois en 2021, le Corporate Net-Zero Standard est devenu la principale référence mondiale pour cadrer les engagements net-zéro des entreprises. La SBTi en a renforcé le suivi : un engagement ou des objectifs non tenus peuvent désormais être retirés, ce qui distingue nettement ce cadre des simples déclarations d'intention.

Ce que le Net Zero Standard exige

Le cadre s'articule autour de trois exigences complémentaires.

Les exigences du Net Zero Standard de la SBTi : 1) des objectifs court terme (réductions rapides sur 5 à 10 ans, alignées 1,5 °C, scopes 1, 2 et 3), prérequis à tout net-zéro ; 2) un objectif long terme de réduction d'environ 90 % des émissions d'ici 2050 ; 3) la neutralisation des 10 % d'émissions résiduelles une fois l'objectif atteint, la compensation n'intervenant qu'à la fin.

Des objectifs court terme d'abord : aucune entreprise ne peut faire valider un objectif net-zéro sans objectifs court terme (5 à 10 ans) déjà en place. Ils enclenchent les réductions immédiates.

Un objectif long terme ensuite : réduire d'environ 90 % ses émissions sur l'ensemble des scopes d'ici 2050 au plus tard. C'est le cœur du net-zéro — une décarbonation profonde, pas marginale.

La neutralisation du résiduel enfin : les quelque 10 % d'émissions incompressibles qui subsistent une fois l'objectif atteint doivent être neutralisés (par exemple via des absorptions permanentes). C'est seulement à ce stade qu'intervient la compensation — jamais en substitution de la réduction.

Information importante

Le Net Zero Standard encourage aussi la BVCM (Beyond Value Chain Mitigation) : financer l'action climat au-delà de sa propre chaîne de valeur, en complément — et non en remplacement — de ses réductions.

Comment bâtir un objectif net-zéro conforme ?

Construire un objectif net-zéro validable suit une logique séquentielle, dans laquelle chaque étape conditionne la suivante.

Tout commence par un bilan carbone complet sur les scopes 1, 2 et 3 : sans inventaire fiable, impossible de fixer des cibles crédibles. L'entreprise définit ensuite ses objectifs court terme — le prérequis incontournable —, puis son objectif long terme de réduction d'environ 90 %. Elle planifie enfin la neutralisation du résiduel à l'horizon net-zéro. L'ensemble est alors soumis à la SBTi pour validation des objectifs, une étape qui obéit à ses propres règles de coût et de délai.

La version active : la V1.3

La version en vigueur du Corporate Net-Zero Standard est la V1.3, publiée en septembre 2025 (une mise à jour mineure, la V1.3.1, a suivi en avril 2026 sans en changer le fond). C'est cette version qui sert de référence aux entreprises pour fixer et faire valider leurs objectifs net-zéro aujourd'hui. Elle reste pleinement opérante tant que la version 2 n'est pas publiée et entrée en application.

Concrètement, une entreprise qui s'engage maintenant construit ses objectifs sur la V1.3 — fiabiliser son bilan carbone sur les scopes 1, 2 et 3 reste, dans tous les cas, le préalable indispensable.

La révision V2 : où en est-on ?

La SBTi révise actuellement son standard pour en faire une version 2, plus exigeante et adaptée aux enseignements des premières années. Mais attention : la V2 n'est pas encore en vigueur.

Calendrier de la révision du Net Zero Standard V2 : 1re consultation publique en mars 2025, clôture de la 2e consultation le 12 décembre 2025, publication de la V2 attendue en 2026, application obligatoire attendue vers 2028 selon le calendrier de la SBTi ; d'ici là la version 1.3 reste la référence.

Le processus suit une approche ouverte en deux consultations publiques et une phase pilote. La première consultation a eu lieu début 2025, la seconde s'est close le 12 décembre 2025, et la publication de la V2 est attendue en 2026. Son application obligatoire est annoncée à un horizon ultérieur (autour de 2028 selon le calendrier de la SBTi), la V1.3 restant utilisable durant la transition.

Sur le fond, le projet V2 propose plusieurs évolutions notables — toutes à l'état de projet : l'introduction de l'Ongoing Emissions Responsibility (OER), qui fait évoluer la logique de la BVCM actuelle (contribuer par des réductions vérifiées ou du financement climat pendant que l'entreprise décarbone) ; l'obligation de publier un plan de transition ; une validation par cycles, avec renouvellement des objectifs à échéance et reporting des obstacles rencontrés ; et une flexibilité accrue selon les scopes (options d'objectifs d'achats verts ou de chiffre d'affaires, ciblage des fournisseurs et des secteurs les plus émetteurs). Rien n'est arrêté tant que le texte final n'est pas adopté : il faut raisonner avec la V1.3, sans présumer des règles à venir.

Pour une entreprise, l'enjeu pratique est simple : ne pas attendre la V2 pour agir. Construire dès maintenant ses objectifs sur la V1.3 reste la bonne décision — la SBTi a prévu une transition, et un engagement pris tôt prend de l'avance, quel que soit le détail des futures règles. Suivre l'avancement de la V2 sert surtout à anticiper les ajustements, pas à différer son engagement.

Net Zero Standard ou neutralité carbone : ne pas confondre

Le net-zéro selon la SBTi et la « neutralité carbone » au sens courant ne sont pas équivalents.

CritèreNet-zéro SBTiNeutralité par compensation
PrioritéRéduire d'environ 90 % avant de neutraliserCompenser les émissions, souvent sans réduction profonde
Rôle de la compensationLimitée au résiduel incompressible, en fin de parcoursCentrale, parfois dès le départ
VérificationObjectifs validés par la SBTi selon une méthodologie publiqueVariable selon le référentiel employé

À noter : la norme ISO 14068 encadre, de son côté, les allégations de « neutralité carbone ». Elle et le Net Zero Standard répondent à des logiques différentes — l'une normalise la façon de revendiquer une neutralité, l'autre fixe une trajectoire de réduction validée par un tiers. Les confondre conduit souvent aux raccourcis que la SBTi cherche précisément à éviter.

Pourquoi viser un net-zéro validé plutôt qu'une simple neutralité ?

Afficher un objectif net-zéro validé par la SBTi, plutôt qu'une « neutralité carbone » autoproclamée, apporte trois bénéfices concrets.

Crédibilité. Le cadre est public, l'objectif est vérifié par un tiers indépendant et publié : difficile de faire plus solide face au soupçon de greenwashing.

Attentes du marché. Donneurs d'ordres, investisseurs et cadres de reporting valorisent de plus en plus les objectifs validés ; un net-zéro vague, lui, est de plus en plus scruté et contesté.

Robustesse dans le temps. En plaçant la réduction avant la compensation, le net-zéro SBTi protège l'entreprise contre les évolutions réglementaires qui resserrent l'usage des crédits carbone.

Synergie avec le reporting. Un objectif net-zéro validé alimente directement le plan de transition climatique attendu par la CSRD et la norme ESRS E1 : la trajectoire de réduction, son périmètre et son horizon sont précisément les éléments que ce reporting réclame.

Conclusion : 4 points à retenir

  1. Le Net Zero Standard définit le net-zéro crédible : environ 90 % de réduction d'ici 2050, puis neutralisation du résiduel.
  2. La réduction prime sur la compensation, qui se limite au résiduel incompressible en fin de parcours.
  3. La version active est la V1.3 — c'est elle qui sert à fixer ses objectifs aujourd'hui.
  4. La V2 est en préparation (2ᵉ consultation close fin 2025, publication attendue 2026), mais pas encore en vigueur.

Sources

  • Science Based Targets initiative — « The Corporate Net-Zero Standard ». https://sciencebasedtargets.org/net-zero — Consulté en mai 2026.
  • Science Based Targets initiative — « Developing the Corporate Net-Zero Standard Version 2 ». https://sciencebasedtargets.org/developing-the-net-zero-standard — Consulté en mai 2026.
  • Science Based Targets initiative — « SBTi releases second draft corporate net-zero standard V2 for consultation ». https://sciencebasedtargets.org/news/sbti-releases-second-draft-corporate-net-zero-standard-v2-for-consultation — Consulté en mai 2026.

Questions fréquentes

Approfondissez le sujet de l'article

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Qu'est-ce que le Corporate Net-Zero Standard de la SBTi ?
Plus
C'est le document de référence par lequel la SBTi définit ce que doit contenir un objectif net-zéro d'entreprise pour être qualifié de « fondé sur la science ». Il fixe des exigences précises : objectifs court terme, réduction d'environ 90 % d'ici 2050, puis neutralisation du résiduel incompressible.
Quelle est la version actuelle du Net Zero Standard ?
Moins
La version en vigueur est la V1.3. C'est elle qui sert de référence aux entreprises pour fixer et faire valider leurs objectifs net-zéro aujourd'hui. Elle reste pleinement opérante tant que la version 2 n'est pas publiée et entrée en application.
La version 2 (V2) du Net Zero Standard est-elle en vigueur ?
Plus
Non. La V2 est en cours de révision : la première consultation publique a eu lieu début 2025, la seconde s'est close le 12 décembre 2025, et la publication est attendue en 2026. Son application obligatoire est annoncée à un horizon ultérieur (autour de 2028). D'ici là, c'est la V1.3 qui s'applique.
Que change la version 2 du Net Zero Standard ?
Plus
Le projet V2 propose notamment une approche différenciée selon les scopes et les profils d'entreprises, ainsi qu'un suivi renforcé dans le temps. Ces orientations restent toutefois à l'état de projet tant que le texte final n'est pas adopté : il faut raisonner avec la V1.3 sans présumer des règles à venir.
Que signifie « net-zéro » pour la SBTi ?
Plus
Pour la SBTi, le net-zéro suppose de réduire d'environ 90 % ses émissions sur l'ensemble des scopes d'ici 2050 au plus tard, puis de neutraliser les quelque 10 % d'émissions résiduelles incompressibles. C'est une décarbonation profonde, pas une compensation : réduire prime toujours sur compenser.
Quelle différence entre le net-zéro SBTi et la neutralité carbone ?
Plus
Le net-zéro SBTi exige une réduction profonde (environ 90 %) avant toute neutralisation, et fait valider les objectifs selon une méthodologie publique. La « neutralité carbone » au sens courant repose souvent sur la compensation, parfois sans réduction significative. Le premier est nettement plus exigeant et crédible.
Peut-on utiliser des crédits carbone pour atteindre le net-zéro SBTi ?
Plus
Non pour la réduction. Les crédits carbone ne comptent pas dans les objectifs de réduction du Net Zero Standard. Ils n'interviennent qu'en fin de parcours, pour neutraliser le résiduel incompressible une fois l'objectif de réduction atteint. La compensation ne remplace jamais la décarbonation.
Qu'est-ce que la BVCM (Beyond Value Chain Mitigation) ?
Plus
La BVCM désigne l'action climat menée au-delà de sa propre chaîne de valeur : financer des projets de réduction ou d'absorption en complément de ses objectifs. Le Net Zero Standard l'encourage, mais en complément — et jamais en remplacement — des réductions internes de l'entreprise.
Faut-il des objectifs court terme avant de viser le net-zéro ?
Plus
Oui. Aucune entreprise ne peut faire valider un objectif net-zéro sans objectifs court terme (5 à 10 ans) déjà en place. Ces objectifs enclenchent les réductions immédiates ; le net-zéro de long terme s'y ajoute ensuite.
À quelle échéance viser le net-zéro selon la SBTi ?
Plus
Le Net Zero Standard fixe l'horizon à 2050 au plus tard pour atteindre l'objectif de réduction d'environ 90 %. Certaines entreprises, selon leur secteur, peuvent viser une date plus précoce, mais 2050 constitue la limite pour un objectif net-zéro aligné sur la science.
Comment faire valider ses objectifs net-zéro ?
Plus
Les objectifs net-zéro se soumettent à la SBTi pour validation, après avoir fait valider ses objectifs court terme. Le déroulé, le coût et la durée de cette validation font l'objet de notre guide dédié à la certification et à la validation SBTi.

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