Obligations de reporting CSRD : agenda 2026 après l'Omnibus

Vous pensiez devoir publier votre premier rapport CSRD en 2026 ? Le paquet Omnibus, adopté le 16 décembre 2025 et entré en vigueur le 18 mars 2026, a rebattu les cartes. Environ 80 % des entreprises initialement visées sont sorties du périmètre obligatoire, et les calendriers ont été décalés d'au moins un an.

Mais l'allègement réglementaire ne fait pas disparaître la pression : vos donneurs d'ordre, eux, restent dans le champ, et le reporting de durabilité devient un argument commercial autant qu'une obligation. Voici l'agenda CSRD à jour pour piloter sereinement votre démarche.

Qu'est-ce que la directive Corporate Sustainability Reporting Directive ?

La CSRD est une initiative de l'Union européenne qui vise à renforcer la transparence des entreprises sur leur performance extra-financière. Elle remplace la NFRD (Non-Financial Reporting Directive) et a été transposée en droit français par l'ordonnance du 6 décembre 2023 et le décret n° 2023-1394 du 30 décembre 2023.

Concrètement, les entreprises concernées doivent publier un rapport de durabilité donnant accès aux informations liées aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Investisseurs, clients, partenaires et candidats peuvent ainsi évaluer :

  • l'impact environnemental d'une activité (émissions, biodiversité, ressources) ;
  • les politiques sociales (inclusion, égalité, formation, conditions de travail dans la chaîne de valeur) ;
  • la qualité du modèle de gouvernance et la conduite des affaires.

Le rapport repose sur un principe de double matérialité : l'entreprise documente à la fois l'impact des enjeux externes sur son activité, et l'impact de son activité sur l'environnement et la société.

CSRD agenda : les dates à retenir après l'Omnibus

Le paquet Omnibus a profondément remanié le calendrier initial. Voici les vagues d'application telles qu'elles s'appliquent désormais.

Vague 1 : les ex-NFRD, déjà dans le bain

Première vague entrée en vigueur le 1er janvier 2024 : elle vise les entreprises déjà soumises à la NFRD, soit les grandes entreprises et groupes cotés de plus de 500 salariés dépassant 50 M€ de chiffre d'affaires ou 25 M€ de bilan.

Ces entreprises ont publié leur premier rapport CSRD en 2025 sur l'exercice 2024. L'Omnibus n'a pas modifié cette échéance — elles continuent leur reporting annuel.

Vague 2 : les grandes entreprises, fortement recentrées

C'est ici que l'Omnibus a frappé le plus fort. Les seuils alternatifs (deux critères sur trois) ont été remplacés par des seuils cumulatifs beaucoup plus restrictifs :

  • plus de 1 000 salariés ;
  • et plus de 450 M€ de chiffre d'affaires net.

Résultat : la grande majorité des ETI initialement visées sont désormais hors champ obligatoire. Pour les entreprises qui atteignent ces nouveaux seuils, le premier rapport est attendu en 2028 sur l'exercice 2027 (au lieu de 2026 sur l'exercice 2025).

Vague 3 : les PME cotées, exclues du champ obligatoire

Les PME cotées en bourse, qui devaient initialement entrer dans le dispositif au 1er janvier 2026, sont désormais définitivement exclues de l'obligation CSRD. À la place, elles peuvent utiliser la norme volontaire VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for SMEs) proposée par l'EFRAG.

Le calendrier résiduel pour les éventuelles entreprises encore concernées par cette vague est reporté à 2029 sur exercice 2028.

Les micro-entreprises restent, comme avant, totalement exemptées.

Vague 4 : les entreprises non-européennes

L'échéance du 1er janvier 2028 est maintenue, mais le seuil a été relevé de 150 M€ à 450 M€ de chiffre d'affaires généré dans l'UE. Le critère de la filiale ou succursale dans l'Union ne suffit plus en lui-même : la filiale ou succursale doit générer au moins 200 M€ de chiffre d'affaires dans l'UE pour déclencher l'obligation.

Le périmètre des entreprises non-européennes concernées est donc devenu très restreint.

Synthèse : quand publier son premier rapport ?

  • Vague 1 (ex-NFRD) : rapport publié en 2025 sur exercice 2024, puis annuellement.
  • Vague 2 (grandes entreprises >1 000 salariés ET >450 M€ CA) : premier rapport en 2028 sur exercice 2027.
  • Vague 3 (PME cotées) : exclues, ou éventuel reporting résiduel en 2029.
  • Vague 4 (entreprises non-UE >450 M€ CA dans l'UE) : premier rapport en 2029 sur exercice 2028.

Une clause de revoyure est prévue en 2031 pour réévaluer ces seuils — autant dire que le cadre peut encore évoluer.

Quels standards suivre pour effectuer son reporting CSRD ?

Le reporting CSRD s'appuie sur les European Sustainability Reporting Standards (ESRS). Une version simplifiée des ESRS est attendue via acte délégué mi-2026, applicable dès l'exercice 2027 pour la vague 2. Voici les blocs en vigueur.

Les normes transversales

  • ESRS 1 — principes généraux ;
  • ESRS 2 — informations générales.

Les normes environnementales

  • ESRS E1 — changement climatique ;
  • ESRS E2 — pollution ;
  • ESRS E3 — eau et ressources marines ;
  • ESRS E4 — biodiversité et écosystèmes ;
  • ESRS E5 — utilisation des ressources et économie circulaire.

Les normes sociales

  • ESRS S1 — main-d'œuvre propre à l'entreprise ;
  • ESRS S2 — travailleurs de la chaîne de valeur ;
  • ESRS S3 — communautés affectées ;
  • ESRS S4 — utilisateurs et consommateurs finaux.

La norme de gouvernance

L'ESRS G1 « Conduite des affaires » porte 6 exigences de divulgation : culture d'entreprise, gestion des relations fournisseurs, prévention de la corruption, incidents de corruption confirmés, influence politique et lobbying, pratiques de paiement.

À noter : le rapport de durabilité doit être audité par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant (OTI) habilité. Cette exigence d'assurance limitée est un changement majeur par rapport à la DPEF.

Comment se préparer à l'agenda des obligations CSRD ?

Que vous soyez dans le champ obligatoire ou non, anticiper la démarche CSRD reste pertinent : vos grands clients vous demanderont vos données ESG, et la VSME volontaire devient un standard de marché pour les PME.

Se tenir informé des évolutions

L'Omnibus a démontré que le cadre peut bouger vite. Mettez en place une veille (textes UE, transpositions nationales, doctrine de l'AMF et de l'EFRAG) pour anticiper les ajustements de seuils ou de normes.

Anticiper les ressources nécessaires

La préparation d'un rapport CSRD est très chronophage. Il faut prévoir :

  • les ressources humaines dédiées à la collecte et à l'analyse ;
  • les outils techniques pour structurer la collecte de données (notamment sur le Scope 3 et la chaîne de valeur) ;
  • une première analyse de double matérialité, étape de cadrage qui structure tout le reporting.

Faire appel à des prestataires spécialisés

Pour les entreprises qui partent de zéro en reporting extra-financier, l'appui d'un partenaire spécialisé fait gagner plusieurs mois. Les experts d'Orki maîtrisent la lecture des ESRS et sécurisent votre mise en conformité.

Calendrier d'application de la CSRD : quelles difficultés ?

Même allégé, le calendrier reste exigeant pour les entreprises de la vague 2. Préparer un premier rapport sur l'exercice 2027 implique de structurer dès 2026 la collecte de données, l'analyse de double matérialité et la gouvernance interne du projet.

Le second défi est financier : les coûts de mise en conformité (outils, audit OTI, ressources internes) peuvent peser lourd. Mais cette dépense devient un investissement stratégique dès lors que le rapport sert aussi à répondre aux appels d'offres, à sécuriser des financements verts ou à attirer des talents.

L'effet de cascade : la vraie pression vient du marché

Même si vous êtes désormais hors du périmètre obligatoire, vos grands clients dans la vague 1 ou 2 vont vous solliciter pour alimenter leur propre Scope 3 et leur reporting. C'est la pression indirecte, et elle reste pleinement active malgré l'Omnibus.

La CSRD comme opportunité

Au-delà de l'obligation, la double matérialité est un outil de pilotage redoutable. Elle force à identifier les risques climatiques, sociaux et de chaîne de valeur qui pèsent sur l'activité, et à les transformer en plan d'action.

Les données collectées servent à trouver de nouveaux axes de différenciation : ancrage dans le développement durable, amélioration de l'impact social, optimisation des process. Les entreprises qui voient la CSRD (ou la VSME) comme un levier — et non comme une contrainte — bénéficient d'un avantage concurrentiel durable.

4 points à retenir

  1. L'Omnibus a réduit le périmètre de ~80 %. Les nouveaux seuils sont cumulatifs : >1 000 salariés ET >450 M€ de CA.
  2. Les PME cotées sortent du champ obligatoire et peuvent utiliser la norme volontaire VSME.
  3. La pression indirecte demeure. Vos donneurs d'ordre vague 1 et 2 vous demanderont vos données ESG, quoi qu'il arrive.
  4. Anticiper paie. Préparer son rapport de durabilité dès 2026, c'est sécuriser ses contrats et préparer un éventuel reclassement dans le champ obligatoire en 2031.

Prêt à structurer votre démarche CSRD ou VSME ?

Que vous soyez dans le champ obligatoire ou que vous anticipiez la demande de vos grands clients, Orki vous accompagne avec trois modalités :

  • Accompagnement de A à Z : un expert dédié pilote votre analyse de double matérialité, votre collecte de données et votre rapport.
  • Outil SaaS en autonomie : pour outiller vos équipes internes et automatiser la collecte.
  • Formation : pour internaliser la compétence ESRS et VSME.

Questions fréquentes

Approfondissez le sujet de l'article

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Quels sont les nouveaux seuils CSRD après l'Omnibus en 2026 ?
Plus
Depuis l'entrée en vigueur du paquet Omnibus le 18 mars 2026, les seuils sont cumulatifs : une entreprise doit dépasser à la fois 1 000 salariés ET 450 M€ de chiffre d'affaires net pour être soumise à l'obligation CSRD. Les anciens critères alternatifs (2 sur 3) sont supprimés. Résultat : environ 80 % des entreprises initialement visées sont sorties du périmètre obligatoire.
Quand une grande entreprise doit-elle publier son premier rapport CSRD ?
Moins
Les entreprises de la vague 1 (ex-NFRD, plus de 500 salariés) ont publié leur premier rapport en 2025 sur l'exercice 2024. Les grandes entreprises de la vague 2 (plus de 1 000 salariés ET plus de 450 M€ de CA) devront publier leur premier rapport en 2028, portant sur l'exercice 2027. Une clause de revoyure est prévue en 2031.
Les PME sont-elles encore concernées par la CSRD en 2026 ?
Plus
Non. L'Omnibus a définitivement exclu les PME cotées du champ obligatoire de la CSRD. Elles peuvent utiliser à titre volontaire la norme VSME proposée par l'EFRAG. Les micro-entreprises restent, comme avant, totalement exemptées. Seul un reporting résiduel pour certains cas est envisagé à l'horizon 2029.
Une entreprise hors champ CSRD va-t-elle quand même recevoir des demandes ESG ?
Plus
Oui. Même exclues de l'obligation légale, les PME et ETI subissent une pression indirecte dite "effet de cascade" : leurs grands clients soumis à la vague 1 ou 2 leur demanderont des données ESG pour alimenter leur propre Scope 3 et leur rapport CSRD. Cette pression de marché reste active indépendamment de l'Omnibus.
Le rapport CSRD doit-il être audité par un organisme externe ?
Plus
Oui. Le rapport de durabilité CSRD doit être vérifié par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant (OTI) habilité, selon un niveau d'assurance limitée. C'est une différence majeure par rapport à l'ancienne DPEF, qui ne comportait pas d'exigence d'audit équivalente.