BEGES 2026 : obligations, sanctions et méthode pour les entreprises soumises au bilan GES réglementaire

Information importante

En bref

  • Cadre légal — Le BEGES (Bilan d'Émissions de Gaz à Effet de Serre) est l'obligation française issue de la loi Grenelle II, codifiée à l'article L.229-25 du Code de l'environnement.
  • Sanctions durcies — Depuis la loi Industrie Verte du 23 octobre 2023, l'amende atteint 50 000 € (100 000 € en récidive), avec exclusion possible des marchés publics.
  • Scope 3 significatif obligatoire depuis le décret n° 2022-982 du 1er juillet 2022.
  • Plus de 5 000 entreprises historiquement assujetties — la dynamique s'étend désormais aux PME via la conditionnalité des aides publiques depuis le 1er juin 2024.

Une amende multipliée par cinq, l'exclusion possible des marchés publics, et une majorité des organisations assujetties encore non conformes au régime étendu. Le bilan d'émissions de gaz à effet de serre (BEGES) n'est plus la formalité de 2012. Depuis la loi Industrie verte d'octobre 2023, le non-respect de l'obligation peut coûter jusqu'à 100 000 € et fermer l'accès aux appels d'offres publics.

Cet article fait le point sur les entreprises concernées, les évolutions réglementaires récentes et la méthode pour produire un BEGES conforme en 2026 — en articulation avec la méthode Bilan Carbone® V9 et la CSRD post-Omnibus.

Quelles sont les entreprises concernées par le bilan GES obligatoire ?

La loi Grenelle II du 12 juillet 2010 a posé les fondations du BEGES, dont l'obligation est entrée en vigueur en 2012. Elle a depuis été renforcée par la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de 2015, le décret n° 2022-982 du 1er juillet 2022 et la loi Industrie Verte de 2023.

Le BEGES, parfois appelé bilan GES réglementaire ou bilan carbone réglementaire, est un état détaillé des émissions de gaz à effet de serre d'une organisation sur une année de référence, accompagné depuis 2015 d'un plan de transition.

Qui est assujetti au BEGES ?

L'article L.229-25 du Code de l'environnement impose la réalisation et la publication d'un BEGES selon une grille précise.

Type d'organisationSeuilPériodicité de renouvellementScopes obligatoires
Entreprises privées en métropole> 500 salariéstous les 4 ansscopes 1, 2 et 3 significatif
Entreprises privées en outre-mer> 250 salariéstous les 4 ansscopes 1, 2 et 3 significatif
Personnes morales de droit public> 250 salariéstous les 3 ansscopes 1, 2 et 3 significatif
Collectivités (régions, départements, EPCI, communes)> 50 000 habitantstous les 3 ansscopes 1, 2 et 3 significatif
Établissements publics nationaux> 250 salariéstous les 3 ansscopes 1, 2 et 3 significatif

Le bilan et son plan de transition sont publiés sur la plateforme dédiée de l'ADEME (bilans-ges.ademe.fr).

Comment évolue la réglementation du BEGES ?

Le périmètre du BEGES s'est progressivement étoffé. Historiquement limité aux scopes 1 et 2 (émissions directes et liées à l'énergie), il intègre depuis le 1er janvier 2023 les émissions indirectes significatives du scope 3 : déplacements professionnels, transport de marchandises, achats, utilisation des produits vendus, etc.

Cette évolution, prévue par le décret du 1er juillet 2022, aligne la France sur les exigences de l'Accord de Paris et anticipe les obligations de reporting CSRD pour les grandes entreprises.

Information importantePour approfondir la notion de scopes, voir notre décryptage des scopes 1, 2 et 3.

Quels gaz à effet de serre sont concernés ?

Le BEGES couvre les sept gaz à effet de serre du Protocole de Kyoto :

  • dioxyde de carbone (CO₂)
  • méthane (CH₄)
  • protoxyde d'azote (N₂O)
  • hydrofluorocarbures (HFC)
  • perfluorocarbures (PFC)
  • hexafluorure de soufre (SF₆)
  • trifluorure d'azote (NF₃), inclus dans la deuxième période d'engagement de Kyoto

Le périmètre français intègre également le carbone noir (BC). Stricto sensu, le carbone noir n'est pas un gaz à effet de serre au sens du Protocole de Kyoto : c'est un aérosol issu de la combustion incomplète des combustibles fossiles et de la biomasse, à fort pouvoir de réchauffement climatique. Il est comptabilisé séparément dans le périmètre BEGES, en cohérence avec les inventaires nationaux d'émissions.

Sanctions et risques business : ce qui change depuis la loi Industrie Verte 2023

Jusqu'en 2023, l'amende plafonnait à 10 000 € — un montant trop faible pour être réellement dissuasif. La loi Industrie Verte du 23 octobre 2023 a profondément durci le régime.

Le nouveau barème des sanctions

NiveauAvant Loi Industrie VerteDepuis le 23 octobre 2023
Amende première infractionjusqu'à 10 000 €jusqu'à 50 000 € (× 5)
Amende en cas de récidivenon chiffréejusqu'à 100 000 €
Pouvoir du préfet de régionsanction discrétionnairesanction obligatoire
Conséquence sur marchés publicsinexistanteexclusion possible
Conditionnalité des aidesnon systématiqueéligibilité aux aides à la transition supprimée

Frise chronologique du durcissement progressif des sanctions BEGES : 2010 loi Grenelle II crée le BEGES, 2015 LTECV intègre le plan de transition, 1er juillet 2022 décret 2022-982 rend le scope 3 significatif obligatoire, 23 octobre 2023 loi Industrie Verte multiplie l'amende par cinq (10 000 € à 50 000 €, 100 000 € en récidive) et instaure l'exclusion possible des marchés publics, 1er juin 2024 conditionnalité des aides publiques étend l'obligation aux PME

Au-delà de l'amende : le risque commercial

L'exclusion des marchés publics et la conditionnalité des aides à la transition écologique transforment l'obligation BEGES en enjeu stratégique. Selon les analyses sectorielles à partir des données ouvertes de la plateforme bilans-ges.ademe.fr, une majorité des environ 5 000 organisations assujetties n'avaient pas rempli leur obligation à la veille de l'entrée en vigueur du nouveau régime — un constat également rappelé par les travaux conjoints Audencia/TBS/Columbia University sur le taux de conformité au BEGES. La pression de mise en conformité va donc s'intensifier mécaniquement à mesure que les préfectures s'organisent pour appliquer la sanction obligatoire.

À noter : la sanction est désormais obligatoire pour le préfet de région, et non plus à sa discrétion. C'est une bascule majeure qui retire toute marge d'interprétation locale.

Information importanteLe risque dépasse largement le coût d'un bilan. Pour une ETI de 800 salariés exclue 6 mois des marchés publics, le coût d'opportunité se chiffre fréquemment en millions d'euros — sans commune mesure avec les quelques dizaines de milliers d'euros nécessaires à un BEGES conforme.

Comment réaliser un BEGES conforme ?

L'ADEME publie un guide de méthode réglementaire qui s'inspire de la méthode Bilan Carbone®. À noter : la marque Bilan Carbone® a été créée par l'ADEME en 2004, mais elle est portée et maintenue depuis 2011 par l'Association pour la transition Bas Carbone (ABC) — l'ex-« Association Bilan Carbone », renommée après sa fusion avec l'APCC en 2024.

Étape 1 — Définir le périmètre

Le périmètre organisationnel

Il s'agit d'identifier les entités juridiques et opérations incluses dans le bilan : siège, filiales, sites de production, etc. Le choix doit refléter la réalité économique de l'organisation. Le contrôle opérationnel s'applique par défaut, sauf justification d'un périmètre proportionnel à la participation capitalistique.

Le périmètre opérationnel

Une fois les entités définies, il faut cartographier les sources d'émissions. Le GHG Protocol définit trois catégories distinctes : les scopes 1, 2 et 3.

Scope 1 — émissions directes

Émissions liées à la combustion de ressources fossiles sur les sites de l'entreprise (chaudières, véhicules de service, procédés industriels). Ce sont les GES que l'entreprise contrôle directement.

Scope 2 — énergie achetée

Émissions indirectes liées à l'achat d'électricité, de chaleur ou de vapeur. L'entreprise peut les réduire en changeant de mix énergétique.

Scope 3 — chaîne de valeur

Le scope 3 comprend toutes les autres émissions indirectes qui ne sont pas incluses dans le scope 2 : achats de biens et services, transport amont et aval, déplacements professionnels, déchets, utilisation des produits vendus, fin de vie. Désormais obligatoire dans sa partie significative depuis janvier 2023, c'est souvent 70 à 90 % de l'empreinte totale.

Information importanteEn considérant les trois scopes dans leur bilan carbone, les organisations identifient les leviers de réduction les plus impactants — souvent situés bien au-delà de leurs propres murs.

Étape 2 — Collecter les données d'activité

L'entreprise rassemble ses données de consommation d'énergie, kilomètres parcourus, achats, déchets, déplacements, etc. Les sources sont multiples : factures, ERP, comptabilité analytique, enquêtes auprès des collaborateurs et fournisseurs.

C'est l'étape la plus chronophage — et celle où un outil logiciel apporte le plus de valeur en automatisant l'extraction depuis les systèmes existants. À ce stade, une plateforme comme Orki facilite la démarche en automatisant la collecte depuis les ERP, la comptabilité et les factures, et en sécurisant les facteurs d'émission appliqués.

Étape 3 — Calculer les émissions

Deux approches coexistent :

Le facteur d'émission physique

Le facteur d'émission physique est à privilégier : il fournit l'estimation la plus précise. On multiplie la donnée d'activité (kWh, litres, kilomètres) par le facteur d'émission correspondant.

Le facteur d'émission monétaire

À défaut, on utilise un ratio en kgCO₂e/€. Exemple : un vol à 100 € avec un facteur de 0,03 kgCO₂e/€ représente 3 kgCO₂e. Pratique pour les achats agrégés, mais moins précis. La méthode Bilan Carbone® 2025 (V9) recommande de limiter cette pratique, avec des seuils indicatifs de 30 % au niveau Initial, 20 % au niveau Standard et 10 % au niveau Avancé (seuils d’alerte recommandés, non des plafonds réglementaires stricts).

Les trois niveaux de maturité de la méthode Bilan Carbone V9 et leurs seuils recommandés d'usage des ratios monétaires : niveau Initial 30 %, niveau Standard 20 %, niveau Avancé 10 % — seuils d'alerte recommandés, non des plafonds réglementaires stricts.

Où trouver les facteurs d'émission ?

La Base Empreinte® de l'ADEME est la base publique de référence (anciennement Base Carbone®). Elle peut être complétée par :

  • les facteurs d'émission du GIEC ;
  • les statistiques de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ;
  • les données du World Resources Institute (WRI) ;
  • l'analyseur Global Greenhouse Gas Data Analyzer.

Étape 4 — Publier sur la plateforme ADEME

Le BEGES, accompagné de son plan de transition, est déposé sur bilans-ges.ademe.fr. La publication est obligatoire et le bilan devient public. C'est aussi un élément de transparence valorisable auprès des clients et investisseurs.

Articulation avec la méthode Bilan Carbone® 2025 (V9)

La méthode Bilan Carbone® 2025 publiée par l'ABC en juillet 2024 et entrée en application le 1er janvier 2025 est devenue le référentiel le plus couramment utilisé pour produire un BEGES conforme. Voir notre guide complet de la méthode V9 pour le détail.

Trois niveaux de maturité, une seule conformité BEGES

La V9 introduit trois niveaux progressifs — Initial, Standard, Avancé — qui permettent à chaque organisation de choisir un point d'entrée adapté. Tous les niveaux répondent aux exigences du BEGES réglementaire dans son périmètre minimal (scopes 1 et 2 + scope 3 significatif).

Le niveau Initial est en cohérence avec le Diag Décarbon'Action de Bpifrance — un dispositif accessible aux entreprises de 50 à 500 salariés avec une subvention dédiée. Le niveau Standard est typiquement le format des renouvellements BEGES. Le niveau Avancé permet en plus de répondre à la majeure partie des exigences de l'ESRS E1 dans le cadre du reporting CSRD.

Évaluation par un tiers : la nouveauté 2025

Première fois en France : un Bilan Carbone® peut désormais être évalué par un tiers indépendant certifié, dans le cadre d'un partenariat entre l'ABC, AFNOR Certification et le Conseil national de l'ordre des experts-comptables. Cette évaluation rapproche le BEGES des standards d'assurance attendus dans le reporting CSRD (assurance limitée par un OTI).

BEGES, CSRD et bilan simplifié : un paysage qui se densifie

Le plan de transition, partie intégrante du BEGES

Depuis la LTECV de 2015, le BEGES ne se limite plus à un état des lieux : il doit comporter un plan de transition détaillant les actions de réduction sur la période à venir, avec des objectifs chiffrés et des moyens identifiés. C'est cette dimension stratégique qui transforme l'exercice de conformité en levier de pilotage.

Bilan carbone simplifié pour les 50-500 salariés

Si votre entreprise compte entre 50 et 500 salariés, vous n'êtes pas soumis au BEGES réglementaire — mais le contexte change vite. Depuis le 1er juin 2024, l'accès à plusieurs aides publiques (Bpifrance, ADEME) est conditionné à la réalisation d'un bilan carbone simplifié. Le dispositif Diag Décarbon'Action permet de le couvrir avec une subvention dédiée.

Concrètement : pas de bilan, pas d'aide. C'est cette conditionnalité — discrète mais structurante — qui étend de fait l'obligation BEGES bien au-delà des 5 000 assujettis historiques.

Articulation avec la CSRD post-Omnibus

La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose un reporting de durabilité bien plus large que le BEGES, incluant les émissions GES selon les normes ESRS. La directive Omnibus I (2026/470), adoptée le 24 février 2026 et publiée au JOUE le 26 février 2026, a allégé le calendrier et resserré le périmètre : seules les entreprises dépassant cumulativement 1 000 salariés et 450 M€ de chiffre d'affaires net restent dans le scope obligatoire (premier rapport en 2028 sur exercice 2027). À l'échelle de l'UE, environ 10 000 entreprises restent concernées ; à l'échelle de la France, plusieurs centaines à un millier.

Information importanteMais les grands groupes, eux, restent assujettis et répercutent la pression sur leurs fournisseurs. Si vous travaillez avec une ETI ou un grand compte soumis à la CSRD, attendez-vous à des demandes de données carbone de plus en plus précises sur votre BEGES. Pour le détail des seuils et du calendrier, voir notre guide CSRD post-Omnibus.

Conclusion : 4 points à retenir

  1. Le BEGES est une obligation, pas une option. Entreprises >500 salariés en métropole, >250 en outre-mer, collectivités >50 000 habitants : la liste est précise. Codifiée à l'article L.229-25 du Code de l'environnement.
  2. Les sanctions sont désormais sérieuses. 50 000 € d'amende, 100 000 € en récidive, et surtout l'exclusion possible des marchés publics depuis la loi Industrie verte 2023. Sanction obligatoire pour le préfet de région.
  3. Le scope 3 significatif est obligatoire depuis janvier 2023. C'est là que se concentre l'essentiel de l'empreinte — et la valeur stratégique de l'exercice.
  4. Même sous le seuil, vous êtes concerné. Conditionnalité des aides publiques depuis juin 2024, demandes des grands clients via la CSRD post-Omnibus : la dynamique touche toutes les PME.

Construire un BEGES qui crée de la valeur

La conformité est un point de départ, pas un objectif. Une plateforme comme Orki accompagne les organisations sur trois leviers complémentaires :

  • Accompagnement de A à Z : un expert climat dédié pilote votre BEGES et son plan de transition.
  • Outil SaaS en autonomie : automatisez la collecte, fiabilisez les calculs, mettez à jour votre bilan en quelques jours.
  • Formation : internalisez la compétence pour gagner en autonomie.

Questions fréquentes

Approfondissez le sujet de l'article

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Quelle est l'amende pour un BEGES non publié en 2026 ?
Plus
Depuis la loi Industrie verte du 23 octobre 2023, l'amende maximale est de 50 000 € pour un premier manquement, et de 100 000 € en cas de récidive — soit cinq fois l'ancien plafond de 10 000 €. La sanction est désormais obligatoire pour le préfet de région. Au-delà de l'amende, la non-conformité peut entraîner l'exclusion des marchés publics et la perte d'éligibilité aux aides à la transition écologique.
Quelles entreprises sont obligées de faire un bilan GES réglementaire ?
Moins
Sont assujetties à l'article L.229-25 du Code de l'environnement : les entreprises privées de plus de 500 salariés en métropole (250 en outre-mer), les personnes morales de droit public de plus de 250 salariés, et les collectivités de plus de 50 000 habitants. La périodicité est de 4 ans pour le secteur privé et de 3 ans pour le secteur public. Le bilan et son plan de transition doivent être publiés sur bilans-ges.ademe.fr.
Le scope 3 est-il obligatoire dans le bilan GES réglementaire ?
Plus
Oui, depuis le 1er janvier 2023. Les émissions indirectes significatives du scope 3 — achats, transport, déplacements professionnels, utilisation des produits vendus — sont obligatoires dans le BEGES. Cette obligation découle du décret n° 2022-982 du 1er juillet 2022. Le scope 3 représente souvent 70 à 90 % de l'empreinte carbone totale d'une organisation.
Qui est concerné par le bilan carbone simplifié si je fais moins de 500 salariés ?
Plus
Les entreprises entre 50 et 500 salariés ne sont pas soumises au BEGES réglementaire, mais depuis le 1er juin 2024, l'accès à certaines aides publiques (Bpifrance, ADEME) est conditionné à la réalisation d'un bilan carbone simplifié. Le dispositif Diag Décarbon'Action permet de financer cet exercice via une subvention dédiée. Le niveau Initial de la méthode Bilan Carbone® V9 est conçu pour répondre à cette logique.
Quelle est la différence entre le BEGES et la CSRD ?
Plus
Le BEGES est une obligation française ciblant les GES, applicable aux entreprises de plus de 500 salariés et codifiée à l'article L.229-25 du Code de l'environnement. La CSRD est une directive européenne imposant un reporting de durabilité beaucoup plus large (selon les 12 normes ESRS), incluant les émissions GES. La directive Omnibus I de février 2026 a recentré la CSRD sur les entreprises dépassant 1 000 salariés ET 450 M€ de CA — soit environ 10 000 entreprises à l'échelle UE — avec premier rapport en 2028. Mais les grands groupes assujettis répercutent la pression sur leurs fournisseurs via leur scope 3.
Quelle est la différence entre le BEGES et le Bilan Carbone® ?
Plus
Le Bilan Carbone® est une méthode privée portée par l'Association pour la transition Bas Carbone (ABC), dans sa version 2025 (V9) entrée en application le 1er janvier 2025. Le BEGES est une obligation légale française issue de la loi Grenelle II, codifiée à l'article L.229-25. On peut faire un Bilan Carbone® conforme aux exigences du BEGES, mais les deux notions ne sont pas interchangeables : confondre les deux peut induire en erreur sur ses obligations.
Quand renouveler son BEGES ?
Plus
La périodicité du renouvellement dépend du statut de l'organisation : tous les 4 ans pour les entreprises privées, tous les 3 ans pour les personnes morales de droit public et les collectivités. Au-delà de l'obligation légale, il est recommandé de mettre à jour son bilan annuellement pour piloter une véritable trajectoire de réduction et alimenter les demandes de données des donneurs d'ordre soumis à la CSRD.
Mon BEGES est-il public une fois publié ?
Plus
Oui. Le BEGES et son plan de transition sont déposés sur la plateforme bilans-ges.ademe.fr de l'ADEME, qui les rend publics. L'ADEME publie également un jeu de données ouvert sur data.gouv.fr. Cette publicité est un élément de transparence valorisable auprès des clients, investisseurs et candidats.
Que doit contenir le plan de transition associé au BEGES ?
Plus
Depuis la LTECV de 2015, le BEGES doit être accompagné d'un plan de transition détaillant les actions de réduction sur la période à venir : objectifs chiffrés, moyens identifiés, calendrier. C'est cette dimension stratégique qui transforme l'exercice de conformité en levier de pilotage interne. Le plan est public et permet aux parties prenantes (donneurs d'ordre, investisseurs, agences de notation extra-financière) d'évaluer la crédibilité de la trajectoire annoncée.
Quelles sont les nouveautés réglementaires depuis la loi Industrie Verte 2023 ?
Plus
Trois changements majeurs : (1) l'amende plafonne désormais à 50 000 € (100 000 € en récidive) au lieu de 10 000 € ; (2) la sanction devient obligatoire pour le préfet de région, et non plus discrétionnaire ; (3) le non-respect de l'obligation entraîne l'exclusion possible des marchés publics et la perte d'éligibilité aux aides à la transition écologique. Combinée au décret du 1er juillet 2022 sur le scope 3 significatif, la loi Industrie Verte achève la mise à niveau du dispositif français avec les standards européens.
Peut-on faire évaluer son BEGES par un tiers indépendant ?
Plus
Oui, depuis 2025. Dans le cadre d'un partenariat entre l'ABC, AFNOR Certification et le Conseil national de l'ordre des experts-comptables, les Bilans Carbone® peuvent désormais être évalués par des experts formés et certifiés. Cette évaluation, volontaire, vérifie la qualité méthodologique du bilan et la pertinence du plan de transition. Elle rapproche le BEGES des standards d'assurance attendus dans le reporting CSRD (assurance limitée par un OTI habilité).
Que se passe-t-il si je ne suis pas assujetti au BEGES mais que mes clients me demandent des données carbone ?
Plus
C'est de plus en plus fréquent — et c'est précisément l'effet de cascade Scope 3. Les grands groupes soumis à la CSRD doivent reporter leur scope 3, ce qui les pousse à demander à leurs fournisseurs des données carbone précises. Sans obligation BEGES directe, vous restez exposé à cette pression commerciale. La voie pragmatique : réaliser un bilan carbone simplifié via le Diag Décarbon'Action ou un Bilan Carbone® de niveau Initial, qui couvre à la fois la conditionnalité des aides publiques et les demandes des donneurs d'ordre.

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