Certification SBTi : ce que la SBTi valide vraiment (et pourquoi ce n'est pas une certification)

« Envoyez-nous votre certification SBTi » : la demande revient souvent de la part des donneurs d'ordres et des services achats. Le problème, c'est qu'à proprement parler, la certification SBTi n'existe pas.

La Science Based Targets initiative ne certifie pas une entreprise : elle valide des objectifs de réduction d'émissions, après les avoir confrontés à sa méthodologie. La nuance n'est pas que sémantique — elle change ce que l'on peut légitimement afficher.

Cet article clarifie la différence entre certification, label et validation, détaille le déroulé d'une validation SBTi, son coût, sa durée de validité et la façon de communiquer dessus.

Information importante

En bref

  • La SBTi valide des objectifs, elle ne délivre pas de certification au sens d'une norme auditée par un organisme accrédité.
  • La validation suit un processus de revue à deux niveaux (un évaluateur, un valideur), en moyenne sur une quarantaine de jours ouvrés.
  • Elle est payante : les frais dépendent de la taille de l'entreprise, d'environ 1 250 $ pour une PME à plusieurs dizaines de milliers de dollars.
  • Une validation est valable 5 ans : au-delà, les objectifs doivent être revalidés.
  • Pour la définition et le fonctionnement d'ensemble, voir notre guide SBTi : définition, fonctionnement et démarche.

Certification, label ou validation : que fait vraiment la SBTi ?

Les trois termes sont souvent confondus, mais ils ne recouvrent pas la même réalité.

TypeCe que c'estSBTi ?
CertificationAtteste la conformité à une norme par un organisme accrédité (ex. ISO 14001)Non — la SBTi ne certifie aucune norme
LabelReconnaissance accordée par un tiers selon un référentielEn partie — des objectifs validés se communiquent
ValidationVérification que des objectifs sont conformes à une méthodologieOui — c'est exactement la SBTi

Comparaison entre une certification (délivrée par un organisme accrédité, atteste la conformité à une norme, audit, résultat binaire, porte sur l'organisation) et la validation SBTi (réalisée par la SBTi, vérifie des objectifs contre sa méthodologie, revue documentaire à deux niveaux, objectifs validés et publiés, porte sur la trajectoire de réduction).

En clair : la SBTi valide une trajectoire de réduction, pas une organisation dans son ensemble. Parler de « certification SBTi » est un raccourci commode mais inexact — et le présenter comme une certification dans sa communication est précisément ce qu'il faut éviter.

Engagement et validation : deux étapes distinctes

On confond souvent l'engagement et la validation : ce sont deux moments différents. L'engagement (commitment) consiste à signer une lettre par laquelle l'entreprise s'engage à fixer des objectifs. Elle apparaît alors comme « engagée » sur le tableau de bord de la SBTi et dispose de 24 mois pour aller au bout. La validation intervient ensuite : c'est l'examen et l'approbation formelle des objectifs soumis. Une entreprise « engagée » n'a donc pas encore d'objectifs validés — une distinction que les donneurs d'ordres regardent de près.

Comment se déroule la validation des objectifs SBTi ?

Une fois ses objectifs définis, l'entreprise les soumet à la SBTi pour validation. Le processus est balisé.

La validation des objectifs SBTi en 4 étapes : soumettre ses objectifs avec les frais de validation, revue à deux niveaux (un évaluateur, un valideur) en environ 40 jours ouvrés, décision (approbation, demande de révision ou rejet), puis publication des objectifs sous 6 mois, valides 5 ans.

La SBTi applique une revue à deux niveaux : un évaluateur instruit le dossier, puis un valideur contrôle son travail pour garantir le respect des procédures et limiter les conflits d'intérêts. Pour une entreprise, les résultats de validation sont communiqués dans un délai de 40 jours ouvrés à compter du début du service (60 jours pour une institution financière), selon la grille Target Validation Services V6.1 de la SBTi.

À l'issue, trois décisions sont possibles : approbation, demande de révision (l'entreprise dispose alors de quelques jours pour répondre) ou rejet. Une fois approuvés, les objectifs doivent être publiés dans un délai de six mois et figurent sur le tableau de bord public de la SBTi.

L'entreprise s'engage alors à rendre compte de ses progrès chaque année et à réviser sa trajectoire dans le temps. La validation n'est donc pas une fin en soi : c'est le point de départ d'un suivi public et régulier, que clients et investisseurs peuvent consulter dans la base « Companies Taking Action » de la SBTi.

Que peut-on faire valider par la SBTi ?

La SBTi valide deux grands types d'objectifs, qui peuvent être soumis ensemble ou séparément.

Les objectifs court terme (near-term), sur 5 à 10 ans, sont la porte d'entrée : ils engagent à réduire ses émissions dès maintenant. L'objectif net-zéro, de long terme, s'inscrit dans le cadre du Corporate Net-Zero Standard. Dans les deux cas, la validation couvre les scopes 1, 2 et 3 dès lors que le scope 3 est significatif. Une entreprise commence généralement par faire valider ses objectifs court terme, puis ajoute son objectif net-zéro.

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Le cadre du net-zéro — le Corporate Net-Zero Standard et sa révision en cours (V2) — fait l'objet de notre guide dédié : Trajectoire bas-carbone et Net Zero Standard SBTi.

Que valide concrètement la SBTi — et ce qu'elle ne valide pas

C'est la question que se posent la plupart des entreprises avant de se lancer : qu'examine réellement la SBTi ? La réponse tient en une distinction clé — la SBTi valide des objectifs, pas un plan d'action.

Ce qu'elle vérifie :

  • Un inventaire d'émissions complet. Disposer d'un bilan carbone couvrant les scopes 1, 2 et 3 est un prérequis : la SBTi exige un inventaire de gaz à effet de serre exhaustif, calculé selon le GHG Protocol, comme base de la trajectoire.
  • Le périmètre couvert. Les objectifs court terme doivent couvrir au moins 95 % des émissions des scopes 1 et 2. Le scope 3 doit être inclus dès qu'il dépasse 40 % des émissions totales, avec une cible couvrant au moins les deux tiers de ce scope 3.
  • L'ambition des objectifs. C'est le cœur de la validation : le taux de réduction visé doit être aligné sur une trajectoire 1,5 °C (réduction absolue pour le court terme, environ 90 % pour le net-zéro), à partir d'une année de référence documentée.
  • Le respect de la méthodologie. Année de référence, type d'objectif, secteurs spécifiques (cibles FLAG pour la forêt, les terres et l'agriculture) : la SBTi contrôle la conformité à ses critères, lors d'un appel de validation puis d'une décision écrite.

Ce qu'elle ne fait pas : la SBTi ne valide pas votre plan d'action détaillé (la manière dont vous comptez réduire), ne réaudite pas chaque facteur d'émission ligne à ligne — la qualité de l'inventaire relève de votre démarche bilan carbone, selon le GHG Protocol — et ne garantit pas l'atteinte des objectifs. Elle atteste que vos cibles sont assez ambitieuses et assez larges pour être qualifiées de « fondées sur la science ». La feuille de route pour les tenir reste votre responsabilité.

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À retenir : préparer une validation SBTi, c'est d'abord fiabiliser son bilan carbone et calibrer l'ambition de ses objectifs — pas rédiger un plan d'action que la SBTi examinerait.

Combien coûte une validation SBTi ?

La validation est un service payant, facturé par SBTi Services selon une grille à quatre tranches fondée sur le chiffre d'affaires et le type d'organisation. Les montants ci-dessous correspondent à la validation d'objectifs court terme (grille V6.1, en dollars, applicable au 5 janvier 2026).

Profil de l'organisationValidation d'objectifs court terme
PME (CA inférieur à 5 M€)à partir d'environ 1 250 $
Entreprise (hors PME, 4 tranches de CA)d'environ 13 000 $ à 26 000 $
Institution financièred'environ 20 000 $ à 49 800 $

Quelques repères pour lire cette grille : faire valider court terme et net-zéro ensemble coûte davantage (jusqu'à environ 34 000 $ pour un grand groupe), tandis qu'une simple mise à jour d'objectifs existants est moins chère. Des réductions tarifaires existent pour les organisations des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Deux points de vigilance : ces frais couvrent une seule soumission — si les objectifs sont renvoyés pour révision puis resoumis, des frais supplémentaires s'appliquent. Et à ce coût direct s'ajoute le temps interne de calcul des émissions et de construction de la trajectoire, souvent le poste le plus lourd.

Validité et revalidation : tous les 5 ans

Une validation SBTi n'est pas acquise une fois pour toutes. Les objectifs doivent être revalidés tous les cinq ans : passé ce délai sans mise à jour, leur statut expire, et l'entreprise ne peut plus s'en prévaloir. La revalidation entraîne de nouveaux frais et suppose, le plus souvent, de relever son ambition pour rester aligné sur la science.

C'est pourquoi une démarche SBTi se pense comme un cycle continu, et non comme une formalité ponctuelle : on fiabilise son bilan carbone, on construit la trajectoire, on la fait valider, puis on en rend compte chaque année.

Comment communiquer sur ses objectifs validés ?

Une fois ses objectifs validés, l'entreprise peut les afficher et utiliser les éléments visuels mis à disposition par la SBTi, dans le respect de ses règles de communication. Deux principes : ne communiquer que sur des objectifs réellement validés et en cours de validité, et ne jamais présenter cette reconnaissance comme une « certification » ou un label de neutralité. La formulation juste est « objectifs validés par la SBTi », assortie de l'ambition et de l'horizon (court terme ou net-zéro). Surinterpréter la portée d'une validation — en la présentant comme une preuve de neutralité atteinte, par exemple — expose au même risque réputationnel qu'un greenwashing classique.

Disposer d'objectifs validés est par ailleurs valorisé par d'autres cadres : c'est l'un des critères pour atteindre la liste A du CDP.

Pourquoi faire valider ses objectifs ?

Au-delà de la conformité méthodologique, la validation apporte trois bénéfices concrets.

Crédibilité. Un objectif validé par un tiers indépendant est l'un des meilleurs remparts contre l'accusation de greenwashing : la trajectoire est chiffrée, vérifiée et publique, là où une simple promesse de neutralité ne l'est pas.

Pression commerciale. De plus en plus de donneurs d'ordres et d'investisseurs exigent des objectifs validés de la part de leurs partenaires ; ne pas en disposer peut fermer l'accès à certains appels d'offres.

Effet d'entraînement interne. La validation structure une feuille de route datée et mesurable, et embarque les équipes autour d'objectifs communs plutôt que d'une intention vague.

Sources

  • Science Based Targets initiative — « Validation services ». https://sciencebasedtargets.org/validation-services — Consulté en mai 2026.
  • Science Based Targets initiative — « Target Validation Service Offerings » (V6.1, octobre 2025). https://docs.sbtiservices.com/resources/TargetValidationServicesOfferings.pdf — Consulté en mai 2026.
  • Science Based Targets initiative — « Standard Operating Procedure for the Validation of SBTi Targets ». https://docs.sbtiservices.com/resources/SOPTargetValidation.pdf — Consulté en mai 2026.

Questions fréquentes

Approfondissez le sujet de l'article

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La certification SBTi existe-t-elle ?
Plus
Non, pas à proprement parler. La SBTi ne délivre pas de certification au sens d'une norme contrôlée par un organisme accrédité. Elle valide des objectifs de réduction d'émissions, après les avoir confrontés à sa méthodologie. L'expression « certification SBTi » est un abus de langage répandu.
Quelle différence entre validation et certification ?
Moins
Une certification (comme l'ISO 14001) est délivrée par un organisme accrédité et atteste la conformité d'une organisation à une norme, souvent après audit. La validation SBTi est réalisée par la SBTi elle-même : elle vérifie qu'une trajectoire d'objectifs est conforme à sa méthodologie, puis la publie. Elle porte sur des objectifs, pas sur l'entreprise entière.
Comment se déroule la validation des objectifs SBTi ?
Plus
L'entreprise soumet ses objectifs à la SBTi avec les frais de validation. Un évaluateur instruit le dossier, puis un valideur contrôle son travail (revue à deux niveaux). La décision peut être une approbation, une demande de révision ou un rejet. Une fois approuvés, les objectifs doivent être publiés sous six mois.
Combien coûte une validation SBTi ?
Plus
Les frais suivent une grille à quatre tranches selon le chiffre d'affaires (grille V6.1, applicable au 5 janvier 2026). Pour une PME (CA inférieur à 5 M€), comptez à partir d'environ 1 250 $ ; pour une entreprise hors PME, d'environ 13 000 $ à 26 000 $ (jusqu'à 34 000 $ pour un package court terme + net-zéro) ; pour une institution financière, jusqu'à près de 49 800 $. Ces frais couvrent une seule soumission.
Combien de temps prend une validation SBTi ?
Plus
La revue formelle prend en général de l'ordre de 40 jours ouvrés pour une entreprise (davantage pour une institution financière). En amont, le temps de préparation dépend surtout de la qualité du bilan carbone : disposer de données fiables sur les scopes 1, 2 et 3 est le principal facteur de délai.
Combien de temps une validation SBTi est-elle valable ?
Plus
Une validation est valable cinq ans. Au-delà, sans revalidation, le statut des objectifs expire et l'entreprise ne peut plus s'en prévaloir. La revalidation entraîne de nouveaux frais et suppose généralement de relever son ambition pour rester aligné sur la science.
Que se passe-t-il si mes objectifs sont rejetés ?
Plus
En cas de demande de révision, l'entreprise dispose d'un court délai pour corriger et resoumettre son dossier, moyennant des frais supplémentaires. En cas de rejet, elle doit revoir ses objectifs en profondeur avant de soumettre à nouveau. D'où l'intérêt de bien préparer la trajectoire en amont.
Peut-on afficher un logo « SBTi validé » ?
Plus
Oui. Une fois ses objectifs validés, l'entreprise peut utiliser les éléments visuels de la SBTi, dans le respect de ses règles de communication. Deux conditions : ne communiquer que sur des objectifs réellement validés et en cours de validité, et ne jamais présenter cette reconnaissance comme une certification.
Les PME peuvent-elles faire valider leurs objectifs SBTi ?
Plus
Oui. La SBTi propose un parcours simplifié pour les PME, à un tarif réduit (de l'ordre de 1 250 $), qui permet de fixer et faire valider des objectifs court terme sans passer par l'intégralité du processus des grands groupes. C'est une porte d'entrée adaptée aux entreprises sous pression de leurs donneurs d'ordres.
La validation SBTi est-elle obligatoire ?
Plus
Non, la démarche est volontaire. Mais elle devient de fait incontournable lorsqu'un client, un investisseur ou un cadre de reporting l'exige : disposer d'objectifs validés est valorisé, voire requis, par exemple pour la liste A du CDP. Pour beaucoup d'entreprises, c'est un avantage concurrentiel.
Qui valide les objectifs au sein de la SBTi ?
Plus
La validation repose sur une revue à deux niveaux. Un évaluateur (reviewer) instruit le dossier au regard des standards de la SBTi, puis un valideur (validator) contrôle ce travail pour vérifier le respect des procédures et limiter les conflits d'intérêts. C'est ce double regard qui fait la crédibilité de la validation.

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