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Comment se préparer à la CSRD : la feuille de route en 6 étapes pour les entreprises concernées

Un projet de mise en conformité CSRD mal engagé se voit à un symptôme précis : personne ne sait qui pilote.

La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose aux entreprises concernées un reporting de durabilité audité, construit sur une analyse de double matérialité et des données ESRS (European Sustainability Reporting Standards) vérifiables. Depuis le paquet Omnibus, le périmètre s'est resserré et les normes ont été simplifiées, mais la mécanique du projet reste la même : gouvernance, cartographie des données, collecte, rédaction, audit. Une entreprise qui découvre cette chaîne étape par étape au lieu de l'anticiper perd des mois sur la collecte de données, le poste qui prend le plus de temps.

Cet article déroule les six étapes d'un projet de préparation CSRD, dans l'ordre où elles se posent réellement, avec un renvoi vers nos guides dédiés pour approfondir chacune.

En bref

  • Se préparer à la CSRD suit six étapes : cadrer la gouvernance et le périmètre, réaliser l'analyse de double matérialité, cartographier les données et mesurer les écarts, outiller la collecte, rédiger le rapport, puis le faire auditer par un organisme tiers indépendant (OTI).
  • Après l'Omnibus, seules les entreprises de plus de 1 000 salariés ET plus de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires net restent concernées par l'obligation, sous réserve de la transposition en droit français attendue au plus tard le 19 mars 2027.
  • En pratique, ce cycle s'étale sur plusieurs mois à un an et demi selon la maturité de départ de l'entreprise sur la donnée ESG.
  • La double matérialité et la cartographie des données sont les deux étapes qui déterminent la charge de travail réelle du projet.
  • L'audit final est obligatoire dès le premier rapport, avec un niveau d'assurance limitée : l'Omnibus a supprimé le passage vers une assurance raisonnable initialement prévu, la norme européenne d'assurance limitée devant être adoptée par la Commission d'ici juillet 2027.

Avant de commencer : votre entreprise est-elle concernée ?

Le périmètre de la CSRD s'est réduit après l'adoption de la directive Omnibus I ((UE) 2026/470) le 24 février 2026, publiée au Journal officiel de l'UE le 26 février et entrée en vigueur le 18 mars 2026. Une entreprise reste soumise à l'obligation si elle dépasse, cumulativement, plus de 1 000 salariés et plus de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires net annuel. Le critère de total de bilan, présent dans la version initiale de la directive, a disparu. Ces nouveaux seuils ne s'appliquent toutefois en droit français qu'une fois la directive transposée, au plus tard le 19 mars 2027 : le projet de loi DDADUE, adopté en première lecture par le Sénat les 17 et 18 février 2026, poursuit sa navette parlementaire. Une entreprise française sous les nouveaux seuils mais au-dessus des anciens n'est donc pas encore automatiquement libérée de l'obligation.

À l'échelle de l'Union européenne, ce resserrement fait passer le périmètre d'environ 50 000 entreprises à environ 10 000 entreprises restantes, soit une réduction d'environ 80 %. En France, le périmètre restant se limite à quelques centaines à un millier d'entreprises (grands groupes du CAC 40 et du SBF 120, grandes ETI dépassant les deux seuils).

Le chiffre de 42 500 entreprises, parfois cité pour le périmètre européen initial, correspond à la proposition de la Commission de février 2025, antérieure aux seuils finalement retenus, plus restrictifs. Le point de comparaison fiable est le duo 50 000 (avant Omnibus) et 10 000 (après), soit environ 80 % de réduction.

L'obligation s'échelonne par vague : la vague 1 (grandes entreprises cotées héritées de l'ancienne directive NFRD) publie déjà son rapport depuis 2025 sur l'exercice 2024, mais le DDADUE sécurise les sociétés de 500 à 1 000 salariés qui en faisaient partie : pour elles, l'exercice 2025 pourrait être le dernier rapport requis, une fois la transposition actée. La vague 2, celle des grandes entreprises non cotées atteignant les nouveaux seuils, publiera son premier rapport en 2028 sur l'exercice 2027 : c'est la vague qui concerne la majorité des entreprises françaises encore dans le périmètre. La vague 3 (PME cotées) a été supprimée par l'Omnibus. La vague 4 (entreprises non européennes dépassant 450 millions d'euros de chiffre d'affaires dans l'UE, avec une filiale ou succursale européenne significative) publiera en 2029 sur l'exercice 2028.

Une entreprise sous les seuils peut néanmoins se retrouver concernée indirectement, comme fournisseur d'un grand donneur d'ordre qui répercute des exigences de reporting sur sa chaîne de valeur. Le détail complet du périmètre, du calendrier par vague et des critères pour les filiales et les groupes non européens figure dans notre guide dédié aux entreprises concernées par la CSRD.

Vous ne savez pas encore si votre entreprise entre dans le périmètre post-Omnibus ? Notre guide sur les entreprises concernées détaille les seuils, les vagues et les cas particuliers (filiales, groupes non européens).

Vue d'ensemble : les 6 étapes d'un projet de préparation CSRD

Une fois le périmètre confirmé, un projet de préparation CSRD suit un enchaînement précis. Sauter une étape ou l'engager trop tard est la cause la plus fréquente de retard : la collecte de données, en particulier, ne peut démarrer sérieusement qu'une fois la double matérialité et la cartographie terminées, puisque ce sont elles qui déterminent quels indicateurs sont réellement à collecter.

Étape Objectif Livrable attendu Qui pilote généralement
1. Gouvernance et périmètre Cadrer le projet, désigner un responsable, confirmer l'assujettissement Note de cadrage, comité de pilotage constitué Direction financière ou direction RSE
2. Double matérialité Identifier les enjeux de durabilité matériels pour l'entreprise et son impact Matrice de double matérialité validée Direction RSE, avec les parties prenantes
3. Cartographie et analyse d'écarts Comparer les données disponibles aux points de données ESRS requis Cartographie des écarts (gap analysis) Direction RSE, avec la DSI
4. Collecte et outillage Fiabiliser la collecte, désigner un « data owner » par donnée Processus de collecte documentés, outil de consolidation Contrôle de gestion, direction RSE
5. Rédaction du rapport Rédiger les informations selon les normes ESRS applicables Rapport de durabilité (section dédiée du rapport de gestion) Direction RSE, direction financière
6. Audit et certification Faire vérifier le rapport par un organisme habilité Rapport d'assurance de l'auditeur (OTI ou commissaire aux comptes) Comité d'audit, direction financière

Les 6 étapes de la préparation CSRD : 1 gouvernance et périmètre, 2 double matérialité, 3 cartographie et analyse d'écarts, 4 collecte et outillage, 5 rédaction du rapport, 6 audit et certification par un OTI

Étapes 1 et 2 : cadrer le projet, gouvernance et périmètre

La première erreur d'un projet CSRD n'est pas technique : c'est l'absence de pilote identifié. Les cabinets spécialisés en accompagnement CSRD convergent sur un point : la gouvernance est le facteur de réussite numéro un, avant même la qualité des données collectées.

En pratique, cela suppose de désigner un responsable de projet (souvent rattaché à la direction financière ou à la direction RSE, selon l'organisation), de constituer un comité de pilotage transverse associant finance, RSE, systèmes d'information et achats, et d'obtenir l'implication de la direction générale dès le lancement. La CSRD confie par ailleurs une responsabilité de supervision au comité d'audit (ou à l'organe équivalent), chargé de superviser le processus de reporting de durabilité au même titre que le reporting financier.

Cette étape se clôture par une note de cadrage : périmètre de consolidation retenu (entité seule ou groupe), calendrier cible, ressources allouées, rôles de chacun. Sans ce document, les étapes suivantes n'ont pas de point de référence commun.

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Étapes 3 et 4 : double matérialité, cartographie et analyse d'écarts

L'analyse de double matérialité

La double matérialité est le principe fondamental qui structure tout le reste du rapport : elle détermine quels enjeux de durabilité l'entreprise doit traiter, et donc quels indicateurs ESRS elle doit effectivement collecter. Une entreprise saute rarement cette étape volontairement, mais beaucoup la traitent trop vite, ce qui génère des reprises coûteuses en étape 3.

Le principe croise deux dimensions : la matérialité d'impact (l'effet de l'activité de l'entreprise sur l'environnement et la société : émissions, conditions de travail, biodiversité) et la matérialité financière (l'effet des enjeux de durabilité sur la performance de l'entreprise : risques climatiques physiques, évolutions réglementaires, dépendance à des ressources critiques). Un enjeu est matériel dès qu'il est significatif sur l'une des deux dimensions, pas nécessairement sur les deux à la fois.

Cette analyse mobilise les parties prenantes internes et externes (salariés, clients, fournisseurs, investisseurs, riverains selon le secteur) et débouche sur une matrice qui hiérarchise les enjeux. Après l'acte délégué de simplification adopté par la Commission le 3 juillet 2026 (encore soumis à l'examen du Parlement européen et du Conseil, entrée en vigueur attendue vers novembre 2026), elle reste le principe fondamental et obligatoire de la CSRD. Le volume de points de données à renseigner a été fortement réduit, et l'analyse elle-même passe désormais à une approche « top-down », qui évite l'examen systématique enjeu par enjeu (IRO par IRO). La méthode complète, les pièges fréquents et un exemple concret sont détaillés dans notre guide sur l'analyse de double matérialité.

Attention au piège de calendrier : l'analyse de double matérialité conditionne directement le périmètre de la cartographie des données (étape 4). La mener en parallèle plutôt qu'avant, pour gagner du temps, oblige généralement à refaire une partie de la cartographie une fois la matrice de matérialité stabilisée.

Cartographier les données et mesurer les écarts

Une fois les enjeux matériels identifiés, l'entreprise compare les points de données ESRS qu'ils impliquent à ce qu'elle sait déjà produire. C'est l'analyse d'écarts (gap analysis) : elle inventorie les données déjà disponibles dans les systèmes existants (paie, achats, énergie, flotte), puis identifie ce qui manque, ce qui existe mais n'est pas fiable, et les processus à créer.

L'acte délégué de simplification des normes ESRS, adopté par la Commission européenne le 3 juillet 2026, réduit le nombre de points de données obligatoires d'environ 61 %, et de plus de 70 % au total en intégrant la suppression des points volontaires. Le texte reste soumis au contrôle du Parlement européen et du Conseil (délai de deux à quatre mois) : son entrée en vigueur est attendue vers novembre 2026, avec une application obligatoire à partir de l'exercice 2027 et une application anticipée volontaire possible dès l'exercice 2026. Cette réduction allège l'étape de cartographie par rapport aux versions initiales des ESRS, mais ne la supprime pas : elle reste le point de départ concret de toute démarche CSRD, avant même de parler d'outillage ou de collecte. La méthode détaillée pour la réaliser, les outils utilisables et un exemple concret figurent dans notre guide sur l'analyse d'écart CSRD.

Étapes 5 et 6 : outiller la collecte, rédiger et faire auditer le rapport

Outiller la collecte et fiabiliser les données

La cartographie révèle presque toujours le même constat : les données existent, mais sont dispersées entre plusieurs systèmes (RH, achats, énergie, immobilier), avec des niveaux de fiabilité inégaux. L'étape de collecte consiste à désigner un responsable (« data owner ») pour chaque type de donnée, à documenter la méthode de calcul retenue, et à mettre en place des contrôles pour que la donnée soit auditable au sens de la CSRD, pas seulement disponible.

C'est l'étape qui consomme le plus de temps sur un premier exercice de reporting, en particulier pour les données de scope 3 (chaîne de valeur amont et aval), rarement centralisées avant un projet CSRD. Une plateforme comme Orki automatise une partie de cette collecte et de la consolidation multi-source, ce qui réduit la charge portée par les équipes RSE et finance sur cette étape spécifiquement. Les sources de données à mobiliser et les méthodes de fiabilisation prolongent directement la cartographie évoquée plus haut : voir notre guide sur l'analyse d'écart CSRD pour le détail.

En considérant la collecte de données comme un chantier de gouvernance de la donnée, et pas seulement de reporting, les entreprises réduisent la charge de travail des exercices suivants : les processus documentés à l'étape 4 restent valables d'un exercice à l'autre, contrairement à une collecte ad hoc refaite chaque année.

Préparer l'audit et la certification par un OTI

Le rapport de durabilité rédigé, il doit être vérifié avant publication. La CSRD impose un contrôle par un vérificateur habilité, qui peut être le commissaire aux comptes de l'entité, un autre commissaire aux comptes, ou un organisme tiers indépendant (OTI). Selon le portail officiel dédié à la RSE (beta.gouv.fr) et la Haute Autorité de l'Audit (H2A), l'auditeur de durabilité doit être inscrit sur la liste des auditeurs habilités tenue par la H2A ; un OTI doit en outre être accrédité par le COFRAC selon la norme ISO/CEI 17029.

Le niveau d'assurance requis est l'assurance limitée (« limited assurance ») : l'auditeur vérifie la plausibilité et la cohérence des informations, sans le niveau de contrôle exhaustif d'un audit financier. L'Omnibus a supprimé le passage vers une assurance dite raisonnable initialement prévu à partir de 2028, pour éviter une hausse future des coûts d'audit : l'assurance limitée reste donc le seul niveau requis, pour tous les exercices. La norme européenne d'assurance limitée elle-même doit encore être adoptée par la Commission, par acte délégué, d'ici le 1er juillet 2027 au plus tard ; en attendant cette adoption, ce sont les lignes directrices non contraignantes du CEAOB (Committee of European Auditing Oversight Bodies) et, en France, les normes adoptées par la Haute Autorité de l'Audit (H2A) et homologuées par arrêté du garde des Sceaux qui encadrent les travaux du vérificateur.

Se préparer à cette étape en amont, plutôt qu'au moment de la remise du rapport, change la nature de l'audit : une entreprise qui a documenté ses méthodes de calcul et désigné des responsables de donnée dès l'étape 4 présente un dossier auditable, quand une entreprise qui découvre l'exigence de traçabilité au moment de l'audit doit reconstituer cette documentation dans l'urgence.

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Combien de temps ça prend, et les erreurs qui font perdre du temps

Il n'existe pas de durée officielle imposée par la réglementation pour préparer un premier rapport CSRD : la durée dépend directement de la maturité de départ de l'entreprise sur la donnée ESG. En pratique, les entreprises qui partent d'une gouvernance de la donnée peu structurée comptent généralement plusieurs mois, de l'ordre d'une année à dix-huit mois, pour couvrir les six étapes ci-dessus jusqu'au premier rapport audité. Une entreprise qui dispose déjà d'un bilan carbone fiable et d'une fonction RSE établie réduit sensiblement ce délai, l'essentiel du travail restant alors concentré sur la double matérialité et la cartographie des nouveaux points de données ESRS.

Trois erreurs reviennent le plus souvent et allongent ce délai :

Démarrer la collecte de données avant la double matérialité. Sans matrice de matérialité stabilisée, l'entreprise collecte des données qui ne seront pas toutes utiles, ou passe à côté d'indicateurs qu'elle découvre nécessaires trop tard.

Traiter le projet comme un exercice de la seule direction RSE. Une bonne partie des données requises (masse salariale détaillée, achats, immobilier, flotte) appartient à la finance, aux achats ou aux ressources humaines. Sans gouvernance transverse dès l'étape 1, la collecte se heurte à des refus ou des délais côté métiers qui n'ont pas été associés au projet.

Découvrir l'exigence d'auditabilité au moment de l'audit. Documenter la méthode de calcul de chaque indicateur au fur et à mesure, dès l'étape 4, coûte beaucoup moins cher que de reconstituer cette traçabilité a posteriori, sous la pression du calendrier de dépôt du rapport.

Calendrier de préparation CSRD par vague post-Omnibus : vague 1 déjà en cours (rapport sur exercice 2024), vague 2 rapport 2028 sur exercice 2027, vague 3 supprimée, vague 4 rapport 2029 sur exercice 2028, avec un délai de préparation recommandé de plusieurs mois à un an et demi avant le premier rapport

Pour une entreprise de la vague 2 (seuils post-Omnibus, premier rapport attendu en 2028 sur l'exercice 2027), engager l'étape 1 dès maintenant reste cohérent avec un cycle de préparation d'un an à dix-huit mois. Le calendrier complet, vague par vague, avec les dates précises de chaque échéance, figure dans notre guide sur les entreprises concernées et le calendrier CSRD.

Conclusion : 6 points à retenir

  1. La préparation CSRD suit un ordre précis, pas une liste de tâches indépendantes. Gouvernance, double matérialité, cartographie, collecte, rédaction, audit : chaque étape conditionne la suivante.
  2. Seules les entreprises de plus de 1 000 salariés ET plus de 450 M€ de chiffre d'affaires net restent concernées après l'Omnibus. Le critère de bilan a disparu ; les deux seuils restants sont cumulatifs.
  3. La double matérialité reste le principe central de la CSRD, malgré la simplification des ESRS. Elle détermine tout le périmètre de collecte qui suit.
  4. La collecte de données est l'étape la plus consommatrice de temps, en particulier sur les données de scope 3 rarement centralisées avant un projet CSRD.
  5. L'audit par un OTI ou un commissaire aux comptes habilité est obligatoire dès le premier rapport, avec un niveau d'assurance limitée maintenu par l'Omnibus (le passage à une assurance raisonnable a été supprimé).
  6. Un cycle de préparation complet s'étale généralement sur plusieurs mois à un an et demi, selon la maturité de départ de l'entreprise sur la donnée ESG.

Structurer votre projet de préparation CSRD

Pour avancer sur les six étapes de cette feuille de route sans les découvrir une par une, Orki propose trois approches complémentaires :

  • Accompagnement de A à Z : un expert climat dédié cadre le projet avec vous, de la double matérialité jusqu'à la préparation de l'audit.
  • Outil SaaS en autonomie : pour les équipes RSE et finance déjà structurées qui veulent industrialiser la collecte et la consolidation des données ESRS.
  • Formation : pour internaliser la méthode de double matérialité et d'analyse d'écarts, et devenir autonome sur les exercices suivants.

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Sources

Questions fréquentes

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En suivant six étapes dans l'ordre : cadrer la gouvernance et confirmer le périmètre, réaliser l'analyse de double matérialité, cartographier les données existantes et mesurer les écarts avec les points de données ESRS requis, outiller la collecte, rédiger le rapport de durabilité, puis le faire vérifier par un organisme tiers indépendant ou un commissaire aux comptes habilité.
Par la gouvernance : désigner un responsable de projet, constituer un comité de pilotage transverse (finance, RSE, systèmes d'information) et confirmer que l'entreprise est bien assujettie selon les seuils post-Omnibus. Sans ce cadrage, les étapes suivantes manquent de point de référence commun.
Il n'existe pas de durée réglementaire fixe. En pratique, un cycle complet, de la gouvernance jusqu'au premier rapport audité, s'étale généralement sur plusieurs mois à un an et demi selon la maturité de départ de l'entreprise sur la donnée ESG.
C'est l'analyse qui croise l'impact de l'entreprise sur l'environnement et la société avec l'impact des enjeux de durabilité sur sa performance financière. Elle détermine quels enjeux sont matériels, et donc quels points de données ESRS l'entreprise doit effectivement collecter : c'est pour cela qu'elle précède la cartographie des données.
C'est la comparaison entre les données déjà disponibles dans les systèmes de l'entreprise et les points de données requis par les ESRS sur les enjeux jugés matériels. Elle identifie les données manquantes, les données existantes mais non fiables, et les processus à créer.
Le pilotage revient le plus souvent à la direction financière ou à la direction RSE selon l'organisation, mais la CSRD exige une gouvernance transverse associant aussi les systèmes d'information et les achats, avec une supervision confiée au comité d'audit de l'entreprise.
Les données de scope 3 (chaîne de valeur amont et aval), rarement centralisées avant un projet CSRD, et dispersées entre plusieurs fonctions (achats, logistique, RH). C'est généralement le poste qui consomme le plus de temps sur un premier exercice.
Un commissaire aux comptes de l'entité, un autre commissaire aux comptes, ou un organisme tiers indépendant (OTI) accrédité par le COFRAC. Dans tous les cas, l'auditeur doit être inscrit sur la liste des auditeurs en durabilité tenue par la Haute Autorité de l'Audit (H2A).
Un niveau d'assurance limitée : l'auditeur vérifie la plausibilité et la cohérence des informations, sans le niveau de contrôle exhaustif d'un audit financier. L'Omnibus a supprimé le passage prévu vers une assurance raisonnable ; l'assurance limitée reste le seul niveau requis, et la norme européenne correspondante doit être adoptée par la Commission d'ici le 1er juillet 2027 au plus tard.
Elle peut être concernée indirectement, comme fournisseur d'un grand donneur d'ordre qui répercute des exigences de reporting sur sa chaîne de valeur. Dans ce cas, une préparation allégée sur les données les plus demandées (énergie, scope 3 amont) reste utile, même sans obligation directe.
Elle réduit le volume de données à collecter (environ 61 % de points obligatoires en moins, plus de 70 % au total), ce qui allège l'étape de collecte, mais ne supprime aucune étape : la double matérialité reste le principe fondamental et obligatoire de la CSRD.
Ce n'est pas une obligation réglementaire, mais un outil de collecte et de consolidation réduit la charge de travail à partir du moment où les données sont dispersées entre plusieurs systèmes, en particulier sur les exercices suivants où les mêmes processus doivent être reconduits.
Les entreprises qui dépassent, cumulativement, 1 000 salariés et 450 millions d'euros de chiffre d'affaires net annuel. Le détail par vague et par cas particulier (filiales, groupes non européens) figure dans notre guide sur les entreprises concernées par la CSRD.

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