
En bref. Réduire la consommation d'énergie d'une entreprise passe d'abord par des éco-gestes simples, activables en quelques semaines : régler le chauffage à 19 °C et la climatisation à 26 °C, passer 100 % LED, mettre les équipements informatiques en veille, encourager les mobilités douces et sensibiliser les équipes. Ces gestes du quotidien se combinent avec des leviers structurels (audit énergétique, décret tertiaire, photovoltaïque), traités dans des guides dédiés. La règle : mesurer d'abord, agir sur les gestes à fort gain ensuite.
Réduire la consommation d'énergie de vos locaux n'est plus seulement un sujet de bonne volonté. Entre le décret tertiaire qui impose -40 % de consommation d'ici 2030 sur les surfaces ≥ 1 000 m², l'audit énergétique obligatoire pour les grandes entreprises et la flambée des prix de l'énergie, chaque kWh évité a un impact direct sur votre P&L et votre conformité.
Bonne nouvelle : la majorité des leviers efficaces sont des gestes simples, à activer en quelques semaines. Voici les actions à prioriser.
Mesurez la performance énergétique de votre bâtiment
Avant d'agir, il faut savoir où l'énergie part. Un diagnostic énergétique identifie les équipements surconsommateurs et les déperditions thermiques. C'est la base de tout plan d'action crédible.
Cette évaluation n'est plus seulement une bonne pratique : pour beaucoup d'entreprises, c'est une obligation légale.
- Audit énergétique obligatoire tous les 4 ans pour les entreprises de plus de 250 salariés ou réalisant plus de 50 M€ de chiffre d'affaires (directive EED).
- Décret tertiaire : pour tout bâtiment tertiaire ≥ 1 000 m², obligation de réduire la consommation d'énergie de 40 % d'ici 2030, 50 % d'ici 2040 et 60 % d'ici 2050, avec déclaration annuelle sur la plateforme OPERAT.
Ces données vous permettent aussi d'identifier vos principales sources d'émissions et de justifier l'accès aux Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) ou aux aides ADEME (Tremplin pour la transition écologique des PME).
Sensibilisez vos équipes aux économies d'énergie
Les comportements individuels pèsent lourd dans la facture finale. C'est tout l'enjeu d'une démarche de sensibilisation interne. Sans adhésion des équipes, les meilleurs équipements perdent en efficacité.
Quelques actions à fort effet de levier :
- Communiquer la consommation réelle des locaux par poste (chauffage, éclairage, IT) en interne.
- Désigner des référents énergie par étage ou par site.
- Intégrer un volet "écogestes" à l'onboarding et aux réunions trimestrielles.
- Afficher des objectifs chiffrés et les progrès réalisés.
Encouragez les mobilités alternatives à la voiture individuelle
Les déplacements domicile-travail et professionnels représentent souvent l'un des trois premiers postes d'émissions d'une PME tertiaire. Vous disposez de leviers concrets, soutenus par un cadre réglementaire favorable.
- Forfait Mobilités Durables (FMD) : jusqu'à 600 €/an exonérés de charges sociales et d'impôt (900 € avec abonnement transports en commun) pour vélo, covoiturage, trottinette.
- Plan de Mobilité Employeur obligatoire pour les entreprises de plus de 100 salariés sur un même site.
- Bornes de recharge sur le parking, abris vélos sécurisés, télétravail structuré.

Les éco-gestes par poste, en un coup d'œil

Adaptez la température à l'usage des locaux
Le couple chauffage / climatisation est généralement le premier poste de consommation d'un bâtiment tertiaire. C'est aussi celui où les gains sont les plus rapides.
- 19 °C en hiver dans les bureaux occupés, 16 °C la nuit et le week-end (recommandation ADEME, alignée sur le plan de sobriété énergétique).
- 26 °C minimum en climatisation l'été : 1 °C de moins, c'est environ 7 % de consommation supplémentaire.
- Programmateurs et thermostats connectés pour ajuster automatiquement les plages d'occupation.
- Maintenance régulière des CTA et pompes à chaleur : un système mal réglé peut surconsommer de 15 à 30 %.
Réduisez la consommation des appareils informatiques
Contrairement à une idée reçue, un ordinateur en fonctionnement consomme largement plus qu'à l'arrêt — un PC fixe en activité tire 20 à 100 W, contre 1 à 5 W éteint mais branché. Les bons réflexes :
- Configurer la mise en veille automatique des écrans après 5 à 10 minutes d'inactivité.
- Privilégier les ordinateurs portables aux postes fixes (consommation 50 à 80 % inférieure).
- Couper imprimantes, écrans et multiprises le soir et le week-end (multiprises à interrupteur ou prises programmables).
- Mutualiser les imprimantes en mode recto-verso noir et blanc par défaut.
Passez au LED — vos lampes fluorescentes ne sont déjà plus à vendre
L'éclairage représente entre 15 et 30 % de la consommation électrique d'un bâtiment tertiaire selon son usage. C'est un gisement d'économies majeur.
Point réglementaire à connaître : depuis 2023, la mise sur le marché européen des lampes fluocompactes et des tubes fluorescents T8/T5 est interdite (règlement SLR). Si vos locaux en sont encore équipés, leur remplacement n'est plus une option mais une nécessité au fur et à mesure des pannes.
La LED est désormais le standard universel :
- Jusqu'à 20 fois moins de consommation qu'une ampoule à incandescence, et environ 2 à 5 fois moins qu'une fluocompacte à flux lumineux équivalent.
- Durée de vie 3 à 5 fois supérieure aux anciennes technologies.
- Retour sur investissement généralement inférieur à 3 ans sur un parc tertiaire, accéléré par les CEE.
- Compatible avec la détection de présence et la gradation automatique selon la luminosité naturelle.
Investissez dans les solutions de production renouvelable
Une fois les usages optimisés, la production locale d'électricité devient un levier solide. Le coût d'une installation photovoltaïque a baissé d'environ 30 % entre 2020 et 2026, ce qui ramène la rentabilité à 7-10 ans pour la plupart des PME, voire moins en autoconsommation avec revente du surplus.
À évaluer en parallèle :
- Autoconsommation collective sur des sites multi-bâtiments.
- Contrats d'achat d'électricité verte (PPA) pour les sites locataires.
- Pompes à chaleur en remplacement des chaudières gaz/fioul vieillissantes (voir aussi l'efficacité énergétique des procédés).
Éco-gestes du quotidien vs leviers structurels
Les éco-gestes donnent des gains rapides ; ils se combinent avec des leviers plus lourds, traités dans nos guides dédiés :
4 points à retenir pour passer à l'action
- Mesurez d'abord. Audit énergétique et déclaration OPERAT ne sont plus optionnels pour beaucoup d'entreprises — autant les transformer en plan d'action chiffré.
- Priorisez le chauffage et la climatisation. C'est le premier poste, et celui où 1 ou 2 °C bien pilotés génèrent les économies les plus rapides.
- Passez 100 % LED. Les anciennes technologies sont retirées du marché : la transition est subie ou planifiée, à vous de choisir.
- Activez le Forfait Mobilités Durables. Outil simple, exonéré de charges, à fort impact RH et carbone.







